Conseils en mode masculine
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Comment choisir ses chaussures ?

Aujourd’hui, on s’attaque à un gros dossier du dressing masculin (encore non traité sous cette forme sur le blog) : Comment (bien) choisir ses chaussures ? Qu’il s’agisse d’un Derby ou d’un Richelieu, d’un cuir lisse ou d’un cuir grainé, d’un cousu Goodyear ou d’un cousu norvégien, d’une semelle crêpe ou d’une semelle commando, pas de doute, les chaussures sont indispensables à tout bon dressing masculin qui se respecte. Avec une offre grandissante et des prix variables (allant du simple au double voire au triple), il n’est pas simple de dénicher une paire de qualité au juste prix. Ainsi, pour répondre à toutes les questions qu’on est en droit de se poser quand on est sur le point d’acquérir une première paire de chaussures ou tout simplement quand on se demande vers quel(s) autre(s) modèle(s) se tourner pour compléter sa collection de souliers, on vous propose de découvrir tous nos conseils pour faire le meilleur choix :

Sommaire :

1. L’histoire de la chaussure pour homme
2. Quels sont les différents types de cuir ?
3. Quels sont les différents montages à connaître ?
4. Les lieux de fabrication reconnus pour la confection d’une chaussure
5. Les différents types de souliers
6. Où trouver des chaussures de qualité ?

Boots Crockett & Jones Ross essayage fauteil

Photo extraite du test des boots Crockett & Jones Ross

1. L’histoire de la chaussure pour homme

L’histoire de la chaussure n’est pas toute jeune puisque la première paire date d’il y a 10 000 ans et a été retrouvée dans une grotte de Fort Rock dans l’Orégon aux États-Unis. La première chaussure en cuir a quant à elle vu le jour au cinquième millénaire avant Jésus-Christ en Arménie. Composées à partir d’une pièce de cuir tressée, les chaussures enveloppent les pieds telles des mocassins. C’est notamment ce même type de chaussures qu’on retrouve deux siècles plus tard aux pieds d’Ötzi. Si à l’origine, les chaussures ont été créées pour protéger nos petons du froid et des frottements, elles sont vite devenues un signe reflétant le statut social. C’est d’ailleurs le cas avec les romains ou encore la cour royale (Marie-Antoinette possédait jusqu’à 500 paires). Jusqu’à la fin du XIXème siècle, en France, les chaussures sont considérées comme un accessoire esthétique et non confortable. Ainsi, leur seul but est de refléter le rang social des personnes qui les portent. Avec ces « belles » chaussures inconfortables, les nobles montrent qu’ils n’ont pas besoin de marcher longtemps alors que les classes moins aisées, elles, empruntent des chemins boueux et mal entretenus. Au fil du temps, les chaussures se sont vu être améliorées pour devenir plus confortables (et ça, c’est une bonne chose) et ont continué à évoluer. Aujourd’hui, dans la mode masculine, une belle paire de souliers est signe d’élégance. Parfois, c’est d’ailleurs le premier élément que l’on regarde chez une personne, c’est pour dire ! Derby, Richelieu, bottines ou encore mocassins, il en existe de toutes les formes, à tous les prix, mais un élément reste généralement présent : le cuir.

Histoire chaussures cuir homme

Photo mythique prise à l’intérieur de l’usine Paraboot

2. Quels sont les différents types de cuir ?

A. Le cuir lisse

Les chaussures en cuir lisse ont généralement une apparence plus habillée. Elles sont donc le seul choix possible si vous souhaitez les intégrer dans une tenue formelle (avec un costume), mais ne sont pas nécessairement à proscrire dans un look plus décontracté. On sélectionnera alors de préférence un cuir pleine fleur. Cela signifie qu’il a conservé sa surface supérieure intacte (celle qui contient la plus grosse densité de fibres). Ainsi, le cuir pleine fleur n’est pas rectifié, il est donc nécessaire d’accepter ses légères imperfections (elles sont normales, étant donné que la matière est organique). On veillera alors principalement à ce que les défauts ne soient pas trop rédhibitoires (plis trop voyants, veines apparentes, etc.). Pour choisir un beau cuir lisse, il est nécessaire d’inspecter son grain naturel, qui donnera de bonnes informations sur sa qualité. Il permettra notamment de s’apercevoir si celui-ci a été rectifié (une tige trop lisse et brillante est généralement mauvais signe).

Look Alaska chaussures paraboot michael ombre

Photo extraite du look Alaska Brocante

Enfin, on peut opter pour un cuir gras. Celui-ci, lors du nourrissage, absorbe davantage de matière grasse. Outre son aspect mat plutôt plaisant à l’oeil, il a l’avantage d’être plus souple et moins sensible aux plis et rayures. On peut notamment faire le test de la rayure : en faisant une légère rayure (à la main), on constate qu’il suffit de la frotter avec un chiffon pour qu’elle s’efface. Son odeur est également particulière (due aux différentes huiles utilisées). On notera aussi qu’un cuir gras peut, à moindre mesure, être grainé ou velouteux. De manière générale, ils sont utilisés pour des chaussures brutes ou rustiques comme les workboots.

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Photo extraite du test des boots Pied de Biche

B. Le cuir grainé

Le cuir grainé, comme son nom l’indique, est doté d’un grain particulièrement marqué. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’aspect grainé n’est pas naturel, mais réalisé par le tanneur. Celui-ci peut donc reproduire le grain présent dans la peau de divers animaux (de reptiles par exemple) sur une peau de vachette. Ainsi, le grain apportera à la chaussure un certain caractère, et un aspect plus brut. Les cuirs grainés sont généralement plus épais que les cuirs lisses. Les chaussures en cuir grainées ont donc un aspect authentique et plus décontracté. Elles fonctionnent particulièrement bien dans un style workwear. En outre, si elles ne sont pas nécessairement plus robustes, elles ont l’avantage de camoufler les éventuelles rayures.

C. Le cuir suédé (nubuck et cuir velours)

Quand on parle de cuir suédé, on fait référence un cuir à l’aspect velouteux. En réalité, il en existe deux types : le nubuck et le cuir velours, qui sont tous deux issus de procédés tout à fait différents. Pour obtenir du nubuck, on ponce la partie pleine fleur du cuir grâce à un papier de verre petit grain. Le nubuck est notamment le cuir le plus utilisé dans la confection de Desert boots (et de certaines Chukka Boots). Un nubuck épais sera généralement de meilleure qualité.

À l’inverse, le cuir velours (souvent du cuir de veau) est récupéré à l’entre-deux couches, et poncé sur la partie intérieure de la peau. Il est également moins fin et plus texturé que le nubuck. Les chaussures en cuir suédé sont également adaptés à des looks décontractés ou casual/chic. Notons que l’appellation daim est également répandue pour ces deux types de cuir. Celui-ci désigne un animal protégé dont il est strictement interdit d’en extraire du cuir !

D. Quel animal choisir pour le cuir ?

Les deux animaux les plus utilisés pour réaliser des chaussures sont la vachette et le veau. Le cuir de vachette sera généralement privilégié pour les chaussures à l’aspect brut (pour des boots par exemple). Il s’agit d’un cuir épais, plus reconnu pour sa robustesse que pour sa finesse. Au contraire, le cuir de veau est souple et doté d’un grain fin. Il s’adapte facilement à la forme du pied et est réputé comme étant plus « noble ». Il est donc souvent utilisé pour concevoir des chaussures habillées. En outre, certains modèles très haut de gamme utilisent du cuir de cheval, aussi appelé cordovan. Celui-ci est rare et difficile à obtenir et sera donc plus cher, mais demandera moins d’entretien par la suite. À contrario, le cuir de porc (principalement utilisé dans la fabrication de chaussures bas de gamme) est à proscrire pour une paire de souliers. Notez cependant qu’on le retrouve sur certaines paire de sneakers.

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Photo extraite du test des Richelieu Bobbies

E. Tannage végétal vs tannage au chrome

Le tannage est le processus qui permet de transformer la peau en cuir. Le tannage au chrome, qui représente 80% du tannage mondial, est rapide et peu onéreux. S’il n’est pas forcément de mauvaise qualité, il représente une pollution considérable et peut s’avérer nocif pour la santé. En revanche, le tannage végétal est plus respectueux de l’environnement (bien que tout de même polluant). Il est plus long à réaliser et produit généralement un cuir de meilleure qualité. Aussi, un cuir tanné végétalement sera recyclable, ce qui n’est pas le cas du cuir tanné au chrome. Enfin, on se méfiera de l’appellation « cuir végétal », qui désigne généralement un cuir tanné de manière végétale (et non un cuir vegan).

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Photo extraite du test des Richelieu Bobbies

Quelque soit le cuir que vous privilégiez, rappelons que de nombreux facteurs influeront sur sa bonne tenue comme la fréquence de port, l’entretien (crème nourrissante, embauchoirs) ou la forme du pied.

F. Conclusion : comment reconnaître un cuir de qualité ?

  • Cuir pleine fleur
  • Privilégier le tannage végétal au tannage au chrome
  • Inspecter le grain du cuir (éviter les cuirs trop lisses et brillants)
  • Reconnaître les défauts rédhibitoires (plis trop marquées, veines apparentes)
  • Cuir de veau ou de vachette selon le type de chaussure

3. Quels sont les différents montages à connaître ?

Choisir une jolie paire de chaussures passe donc irrémédiablement par une sélection minutieuse du cuir avec lequel elle est faite. Mais ce n’est pas tout ! En effet, le montage est aussi (si ce n’est plus) important que la qualité de la peau sélectionnée. Si le montage Blake et le montage Goodyear sont les plus connus, sachez qu’il en existe d’autres qui ont des caractéristiques bien particulières. Voyons-les ensemble :

A. Le cousu Blake

C’est sans aucun doute le montage le plus courant mais aussi le plus décrié, notamment à cause des écarts de qualité. Il voit le jour grâce à Lyman Blake qui, en 1854, crée une machine capable de coudre rapidement la semelle d’une chaussure. Cette tâche se faisant alors uniquement à la main, cette technique fait gagner énormément de temps et permettra par la suite de véritablement industrialiser la production de chaussures. Le principe est simple : après avoir collé la semelle à la tige montée sur forme, le cousu Blake lie entre elles la semelle intérieure, la semelle extérieure et la tige.

Sur certains beaux montages, le cousu Blake est réalisé sous gravure et est donc invisible. Il peut également être réalisé à l’aide d’un fil poissé, ce qui le rend plus imperméable. Son véritable point fort reste toutefois de pouvoir réaliser de belles chaussures fines et souples. Par contre, ce de chaussures sont moins adaptées aux jours pluvieux. Aussi, la technique utilisée, mais également les matériaux choisis et même le savoir-faire de la personne qui l’exécute, sont tout autant de points qui permettent d’expliquer la grande disparité de cousus Blake. Dire que ce montage est de mauvaise qualité est donc un malheureux raccourci qui se doit d’être évité !

B. Le cousu Gooodyear

Autre cousu très populaire et que l’on met trop souvent en opposition au montage Blake : le cousu Goodyear. Selon la légende, ce cousu porterait le nom de Charles Goodyear, l’inventeur d’une machine permettant sa réalisation. Mais c’est faux ! En effet, C. Goodyear n’est pas à l’origine de cette fameuse machine et en aurait acheté le brevet à James Hanan, un fabricant de chaussures. Cette vérité historique rétablie, revenons-en à cette technique de montage.

A noter que le cousu Goodyear ne s’appelle ainsi que dans sa réalisation industrielle assistée par une machine. Lorsqu’il est fait par un maître bottier, il est alors appelé cousu trépointe. Et c’est d’ailleurs son premier signe distinctif, cette fine bande de cuir cousue entre deux pièces de cuir plus épaisses afin de renforcer la couture. Eh oui, la trépointe n’est pas une couture mais une pièce de cuir (autre raccourci généralement fait pour ce montage). Le cousu Goodyear consiste à lier la tige et la semelle intérieure via cette couture. Son objectif est double : permettre un ressemelage simple et efficace mais aussi rendre la chaussure imperméable. Cela allonge donc considérablement la durée de vie de nos souliers ! Evidemment, ce montage a aussi ses défauts. Le premier est indéniablement sa lourdeur et sa rigidité lors des premiers ports. Aussi, du fait de sa popularité auprès des amateurs de chaussures, certains fabricants en usent et proposent des montages Goodyear déguisés, qui sont en réalité un mélange de Blake et de semelle collée.

C. Le cousu bolognese

Pour l’anecdote, je suis actuellement en train d’écrire ces lignes à l’approche de midi. Comme je suis un petit gourmand, je commence sérieusement à avoir faim. Rien qu’à l’évocation de ce montage, j’en ai l’eau à la bouche ! Pourtant il n’a strictement rien à voir avec un plat de pâtes si ce n’est, sans doute, son origine. En réalité, le cousu Bolognese (ou bolognais pour les Français de France) n’est autre qu’un montage Blake avec une petite particularité.

Richelieu Bocage laçage

Cette différence, elle se traduit par l’absence de première de propreté dans le processus de montage. La tige fait alors le tour du pied, un peu comme un tube. Cette dernière est alors cousue à la semelle extérieure, comme un montage Blake. Ensuite, une doublure entière vient tapisser l’intérieur de la chaussure. C’est donc un gain de confort supplémentaire qu’apporte le cousu bolognais, qui permet de supprimer totalement la présence de couture dans le chaussant. A l’inverse, il devient encore plus fragile que le cousu Blake classique.

D. Le cousu norvégien

Pour faire simple, on pourrait dire que le cousu norvégien est une variante du cousu Goodyear. Comme pour le premier, ce dernier est réalisé à partir de deux coutures mais à la différence du Goodyear, le norvégien a ses deux coutures apparentes. Peu utilisé car long et complexe à réaliser (ce qui le rend d’ailleurs relativement coûteux), il possède toutefois de très bons arguments.

Paraboot Azay Portees Profil Escalier

Photo extraite du test du Derby Paraboot Azay

Le premier est sans conteste le fait qu’il présente la meilleure robustesse. Aussi, il rend parfaitement étanche la chaussure sur laquelle il est réalisé. Généralement, il est conçu sur des chaussures de travail ou bien sur des paires utilisées dans des environnements difficiles. Mais il n’est pas rare de le voir présent sur des modèles de chausseurs de renom (Paraboot en est un fervant défenseur par exemple). Principalement réalisé sans trépointe, il n’est cependant pas rare de le voir accompagné de cette fine bande de cuir. On l’appellera alors Goiser, tyrolien ou suédois. Enfin, et comme pour le cousu Goodyear, certains fabricants usent de sa notoriété afin de réaliser des cousus norvégiens de piètre qualité.

E. Le cousu mocassin

Fun fact : bon nombre des mocassins (ou loafers) réalisés actuellement n’utilisent pas ce montage mais plutôt un Goodyear (encore lui), un Blake ou tout simplement un collage ! D’après la légende, ce nom proviendrait d’une tribu amérindienne qui aurait porté l’ancêtre de notre mocassin actuel. Histoire vraie ou non, peu importe, puisque ce montage se différencie du reste par une structure on ne peut plus simple.

Connu également sous le nom de montage tubulaire ou intégral, le cousu mocassin est relativement simple à réaliser. Une pièce de cuir, qui peut également servir de « semelle d’usure » (ce sont généralement des picots en caoutchouc qui ont cette fonction) remonte sur les côtés de la chaussure. Une seconde pièce vient former ce que l’on appelle le plateau. Ensuite, les deux sont cousues entre elles à la main, à la machine ou simplement jointes (autrement dit, collées). Le net avantage de ce montage est qu’il est très souple et léger. C’est donc pour cela qu’on le retrouve principalement sur des chaussures estivales.

D. Les autres types de montages

Bien entendu, il existe encore de nombreuses autres façons de monter une chaussure mais les cinq présentés ci-dessus restent les plus présents. On notera toutefois l’existence du montage Veldtschoen (difficile à prononcer on vous l’accorde), principalement utilisé sur les boots, dérivé du norvégien et plus solide et plus étanche que le Goodyear (et toc le Goodyear !). On pensera également au montage sandalette qui est souvent pris, à tort, pour un montage Goodyear. A noter également que la plupart des montages cités précédemment possèdent des variantes, on vous laisse donc les découvrir si vous ne les connaissez pas !

4. Les lieux de fabrication reconnus pour la confection d’une chaussure

A. La France

Comme nous l’avons plusieurs fois expliqué sur le blog, la France est un des pays les plus qualifiés dans le travail du cuir. Pour la fabrication de chaussures, elle possède également de nombreux ateliers spécialisés. Les marques Paraboot, Jacques & Demeter, J.M. WestonKleman ou Heschung proposent notamment des chaussures fabriquées dans l’Hexagone.

B. L’Italie

Pour ce qui est des chaussures habillées, peu de pays arrivent à la cheville de l’Italie. La botte (ça ne s’invente pas) a développé un savoir-faire et une finesse particulière, et de nombreuses marques très haut-de-gamme comme Berluti, et quelques marques moyenne gamme comme Pete Sorensen en ont fait leur lieu de production favori. En outre, les cuirs de grande qualité sont souvent issus d’Italie.

C. L’Espagne / Le Portugal

Le Portugal et l’Espagne sont des pays également plébiscités pour leurs ateliers, notamment dans la fabrication de sneakers et de souliers. Ils sont souvent sélectionnés par des marques de moyenne gamme, car ils permettent une production de qualité à coût raisonnable. Parmi les marques fabriquant des produits dans ces pays, on peut citer Pied de Biche, HardrigeJules et Jenn.

D. Les États-Unis

Une des spécialités des États-Unis (outre les concours de mangeurs de hot-dogs) est la confection de boots. Ils ont notamment vu naître de nombreuses marques iconiques du genre, qui font fabriquer leurs modèles au pays de l’Oncle Sam. C’est notamment le cas de Red Wing (qui est le nom de la ville du Minnesota où les chaussures sont fabriquées), Yuketen ou Wolverine. Timberland proposent également une ligne Made in USA.

E. Le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est incontestablement un des pays les plus influents dans l’univers de la mode, en particulier dans le style formel et, bien évidemment, les souliers ont une part importante (on ne va quand même pas laisser James Bond pieds nus !). Crockett & Jones, qui chausse d’ailleurs 007, fabrique ses chaussures à Northampton. Pour les boots, on peut nommer Solovair, qui est notamment à l’origine de l’essor de Dr Martens.

5. Les différents types de chaussures

Le différents types de cuirs et de montages vus, passons aux principales formes. Bien entendu, cette partie va passer en revue les modèles les plus usités. Modèles bas ou hauts, à lacets ou à boucles, en cuir lisse ou veau velours, l’intérêt ici est de présenter une bonne base de modèles afin de proposer un large éventail de possibilités.

A. Le Derby

L’origine du Derby est assez floue mais plusieurs pistes nous laissent à penser qu’il est apparu Outre-Manche. Dérivé du Richelieu, il aurait alors été créé pour Edward Smith-Stanley, 14ème comte de Derby. D’après la légende, ce dernier aurait eu les pieds trop forts pour pouvoir les rentrer dans des bottines ou des Richelieu. Pour éviter toute gêne, un bottier décide alors de réaliser un laçage ouvert : les oeillets sont placés sur des empiècements mobiles, offrant plus d’amplitude qu’un Richelieu ! En cuir lisse, grainé ou suédé, à bout droit, golf et/ou fleuri, le Derby revêt plusieurs styles, allant de la chaussure décontractée au modèle plus habillée.

A porter avec : en fonction de sa finition, le Derby peut se porter avec un jean, un chino ou un pantalon plus habillé.

B. Le Richelieu

C’est sans aucun doute le plus connu. Là encore, le Richelieu se caractérise par un laçage bien particulier. En effet, ce dernier est fermé. L’ouverture est alors dite en V et reste restreinte, notamment pour les cou-de-pieds forts. L’origine du Richelieu est également floue puisque la paire connait deux histoires. La première prend racine sur les bancs de l’université d’Oxford. En 1825, certains étudiants (un peu rebelles) se mettent à porter une sorte de demie-botte appelée oxonian. Cette paire a pour particularité d’avoir d’étroites fentes sur les côtés. Très vite, ces fentes accueillent des lacets puis migrent peu à peu vers l’avant de la chaussure. Cette histoire serait à l’origine de son autre nom : Oxford.

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Photo extraite du test des Richelieu Bobbies

La seconde légende autour du Richelieu ne nous vient pas d’Angleterre mais d’Ecosse et d’Irlande. Dans ces deux pays, le Richelieu est appelé Balmoral, en référence à un château Balmoral de la famille royale. Des étudiants, alors à la recherche de chaussures plus confortables, auraient été à l’origine du Richelieu.

A porter avec : le Richelieu est par essence un soulier formel. Lorsque l’on parle de one-cut ou d’un modèle noir à bout rapporté, on évitera strictement jean et chino. A l’inverse, un Richelieu entièrement fleuri marron/cognac ou en cuir suédé, plus décontracté que les versions citées juste avant, auront davantage de chances de matcher avec votre denim ou votre pantalon en toile préféré.

C. Bottines (boots)

Indéniablement, une bonne paire de bottines est un allié de taille lorsque les températures commencent à chuter et qu’il faut garder nos petits petons à l’abri. Généralement réalisées dans un cuir résistant, il peut être soit lisse, soit à grain ou encore suédé. Aussi, la semelle jouera un rôle primordial. Globalement, on la trouvera en deux finitions : en cuir ou en gomme.

Autre point majeur : il existe une pluralité de formes de boots. Ainsi, difficile de ne pas y trouver son bonheur ! Pour un style workwear par exemple, on se tournera donc volontiers vers des workboots ou encore des mountain boots. Pour une tenue plus habillée, on se tournera davantage vers une paire classique en cuir lisse.

A porter avec : un jean, un pantalon cargo ou un pantalon en flanelle peu importe, tant qu’elles sont sélectionnées en fonction du style de la tenue.

D. Chukka boots

Cousine habillée de la Desert boots, la Chukka boots puise son origine en Inde vers les années 1800. A cette époque, les joueurs de polo portent une sorte de bottine semi-montante à la semelle en cuir. Pour la nommer, ils s’inspirent des « chukkers », appellation donnée aux périodes de la partie disputée. La Chukka se distingue par l’utilisation de deux oeillets et d’une semelle de cuir. Souvent habillée d’un cuir lisse, elle peut également être revêtue d’un suédé. Assez élégante, elle est légèrement pointue.

chukka boots homme Hardrige

Photo extraite du look Premier Rendez-vous

A porter avec : principalement avec des pantalons habillés, mais peut fonctionner dans un ensemble jean/blazer par exemple.

E. Desert boots

Inventé par Nathan Clark dans les années 50, la Desert boots est souvent prise pour une Chukka (et inversement) du fait de sa forte ressemblance. Pourtant, bon nombre de petits détails nous permettent de les différencier facilement ! Premièrement, la Desert est montée sur une semelle gomme. Aussi, le montage est différent. Si la Chukka est plus généralement montée en Blake ou en Goodyear, la Desert sera davantage réalisée à partir d’un cousu sandalette. Ce dernier coud ensemble la tige, la première et la semelle d’usure. Plus tournée vers un style casual, la Desert boots se glisse facilement dans une tenue simple ou bien un ensemble street.

Clarks desert boots cola

Photo extraite du sujet sur l’histoire de la Desert Boots Clarks

A porter avec : un chino, un jean, un cargo, etc.

F. Mocassins

Parmi l’ensemble des modèles de chaussures que contient le vestiaire masculin, on serait tentés de dire que les bottines ou encore les Richelieu sont les paires les plus anciennes que l’on connaisse. Et pourtant, la plus vieille chaussure retrouvée à ce jour (une pièce de 5 500 ans tout de même) ressemble trait pour trait à… un mocassin ! Et y réfléchissant un minimum, c’est finalement assez logique puisque la forme de cette chaussure est on ne peut plus basique. Chaussure sans lacet, elle est équipée d’un plateau qui est cousu aux côtés du chaussant. Aujourd’hui, il gravite plusieurs formes autour du mocassin : les slippers, les penny loafers, les tassel loafers, les drivingshoes, etc.

Dynamo Mocassins

Photo extraite du look Dynamo

A porter avec : à peu près tous les bas disponibles dans notre dressing, en fonction de la forme choisie.

6. Où trouver des chaussures de qualité ?

Comme à notre habitude, on vous propose de découvrir une liste (non exhaustive) de marques classées par gammes de prix !

A. Chaussures à moins de 150€

Cette gamme de prix s’adresse à ceux qui sont à la quête d’une première paire de souliers ou à ceux qui souhaitent avoir une paire qualitative sans pour autant dépenser une somme importante. Pour ce type de budget, même si les cuirs et les montages sont souvent corrects (principalement un cousu Blake), on ne s’attend pas à faire l’acquisition d’une paire de chaussures que l’on conservera plus de 10 ans. Il y a mieux certes, mais pour les plus petits budgets, sachez qu’il y a tout de même des possibilités. Voici les marques que l’on recommande pour un budget inférieur à 150 € :

B. Chaussures entre 150€ et 300€

Dans cette gamme de prix, on trouve des modèles « de qualité supérieure ». Des marques historiques aux labels plus conventionnels, il n’est pas rare ici de trouver des paires capables de vivre plusieurs années, si tant est que l’on en prend soin. Montage plus soigné, cuir d’une qualité supérieure et détails travaillés, on monte en gamme pour notre plus grand plaisir.

Les marques de chaussures de qualité à moins de 300€ à connaitre

C. Chaussures au-dessus de 300€

Cette dernière gamme de prix regroupe les chaussures de grande qualité. Ici, la plupart des modèles sont réalisés entièrement à la main, avec des peaux d’exception. La plupart des marques sont iconiques et font rêver la majorité des amateurs de souliers. Si vous cherchez la Rolls des Richelieu ou une paire de boots magnifique, il y a de fortes chances pour que vous trouviez votre bonheur dans cette liste.

10 marques de chaussures entre 300€ et 500€ à connaître

Si vous souhaitez ajouter votre pierre à l’édifice (car on n’a pas énuméré toutes les marques qui proposent des chaussures), n’hésitez à nous suggérer celles qui proposent de belles chaussures en commentaire ! :)

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