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Comment choisir un blouson en cuir ?

S’il ne fait pas réellement partie des basiques du vestiaire masculin, le blouson en cuir est pourtant ce genre de pièce qui peut faire toute la différence sur une tenue. Bien sélectionné, ce dernier peut nous durer des années sans sourciller, et bien qu’il puisse représenter un sacré investissement à l’achat, il peut être amorti sur la durée, à condition qu’on lui apporte les soins appropriés. L’offre étant étonnement large pour un produit si particulier, il est facile de faire erreur et de choisir une pièce certes magnifique mais qui ne nous va pas du tout. Pour vous éviter de tomber dans l’écueil de « l’achat pulsion » et de le regretter par la suite, on vous propose de voir ensemble les différents points afin de choisir au mieux votre blouson en cuir. Suivez le guide !

Metropolitans Pochette Cuir

Sommaire

1. L’origine du cuir
2. Vérifier la qualité d’un cuir
3. Les traitemens possibles du cuir
4. Les différents styles de blousons en cuir
5. Où en trouver ?

1. L’origine du cuir

Le saviez-vous ? Le cuir provient des animaux. Eh oui ! Incroyable non ? Plus sérieusement, il existe bon nombre de provenances animales pour le cuir, ce qui donne alors différentes peaux, avec des propriétés qui leur sont propres. Pour faire simple, nous n’allons lister ici que les plus usitées :

– Le cuir d’agneau : le plus utilisé. Il se caractérise par une souplesse et une légèreté incomparable. Très fin, il peut rapidement épouser les formes et s’adapte alors facilement à différentes morphologies.

– Le cuir de vachette : presque autant utilisé que le cuir d’agneau. Il fait partie des cuirs les plus résistants. Il est travaillé de différentes manières, si bien que son épaisseur (et sa robustesse ainsi que sa souplesse) varie. Aussi, il est souvent utilisé sur des pièces hivernales pour sa capacité à maintenir au chaud.

– Le cuir de mouton : très chaud et résistant. C’est d’ailleurs celui que l’on utilise pour confectionner les fameuses peaux lainées (on garde alors la laine de l’animal).

– Le cuir de buffle : sans surprise, il est très résistant. Il possède un grain plus épais que les autres peaux et est plus rigide.

– Le daim : réalisé à partir de l’animal éponyme à l’origine, ce dernier est désormais réalisé à partir de vache, d’agneau, de porc, etc. Il correspond au côté intérieur d’une peau et est plus fragile qu’un cuir classique.

– Le cuir de porc : possède une surface plus poreuse dûe à la quantité importante de poils. C’est un cuir dur surtout destiné à la création de gros blousons. Mais c’est aussi un cuir peu coûteux, que certains n’hésitent pas à « maquiller » pour lui donner un aspect lisse. Un cuir qui peut aussi bien faire des vêtements bas de gamme que de très belles choses.

Différents cuirs donc, aux propriétés et au rendu bien différents. Dans un souci de complément d’informations, on a posé quelques questions à Laurent Bézier, un des fondateurs de Daytona 73, qui nous apportera son expertise tout au long de l’article. Voici ce qu’il nous dit :

« Choisir un blouson en cuir nécessite de savoir l’usage que l’on veut en faire. Car en fonction, on aura tendance à se tourner vers telle ou telle peau. Le cuir de vachette ou de buffle sont par exemple des cuirs plus destinés à la confection de vêtements pour homme. Très solides et robustes, ils sont également lourds. On les retrouve principalement pour la réalisation de ceintures, de maroquinerie, de chaussures, etc. La chèvre est quant à elle davantage utilisée pour le printemps ou la demi-saison sur des pièces de type bomber ou petit blouson simple. On en fait souvent du velours du fait qu’il soit souple. Enfin, le cuir le plus souple et le plus léger, aussi bien utilisé pour la confection de produits masculins comme féminins, est le cuir d’agneau. »

2. Vérifier la qualité d’un cuir

Plus le temps de niaiser, on passe aux choses sérieuses ! Le cuir étant une matière noble, le tarif d’un blouson réalisé dans cette matière est forcément relativement élevé. Mieux vaut donc s’y prendre à deux fois afin de passer à la caisse. Plusieurs points de contrôle peuvent nous aider à affirmer si la peau que l’on a devant les yeux est de qualité ou non.

Cela peut paraître idiot dit comme cela, et pourtant ! Ici, trois de nos sens nous seront très utiles afin de déceler les bons cuirs des mauvais : l’odorat, le toucher et la vue. Clairement, un bon cuir « sent bon le cuir ». Si l’on constate des notes chimiques et/ou synthétiques dues à une pigmentation exagérée et l’utilisation d’un enduit, il y aura certainement anguille sous roche (comme disait ma mamie) : le cuir aura probablement été maquillé pour camoufler ses imperfections ou sa provenance (il pourrait même être synthétique !). Personnellement, et outre le fait que ce soit mon petit plaisir (ça sonne bizarre dit comme ça non ?), c’est un automatisme que j’effectue à chaque fois que j’envisage d’acheter une pièce en cuir.

Atelier Bertrand Trucker

Deuxième sens à entrer en action : la vue. Une peau peut présenter des imperfections (liées à la vie de l’animal ou de la façon dont elle a été découpée). Si ces dernières ne sont pas forcément dramatiques, elles ne doivent pas être imposantes ni régulières. Aussi, cela signifie que le cuir utilisé n’a pas été récupéré sur les parties nobles de l’animal. Il sera donc plus fragile qu’un autre cuir mieux sélectionné.

Focus cuir blouson asphalte

Dernier sens, et pas des moindres : le toucher. L’exercice est toutefois à nuancer car il est difficile de réduire la qualité d’un cuir à « épais c’est bien, fin c’est nul ». L’idée est de sentir le grain du cuir, afin d’en connaître sa provenance. Par exemple, un cuir d’agneau présente un grain quasi inexistant, alors que celui du porc sera largement plus granuleux. Toucher un cuir nous permettra de jauger de sa résistance, et donc de choisir le modèle en fonction de ce que l’on veut en faire.

Blouson Forlife Aisselle

Laurent Bézier de Daytona 73

« Le grain est très important. La fleur du cuir ne doit pas être rectifiée : c’est ce qui donne au cuir du caractère et les aspérités lui donnent son côté authentique. Si le cuir ou la fleur (le grain si vous préférez) ont été rectifiés, cela sous-entend que le cuir n’est pas très bon et que l’on a voulu cacher beaucoup de défauts. Certaines peaux sont pigmentées pour les couvrir et cela se traduit par un vêtement au toucher peu agréable, qui ressemble à du plastique et qui est très uniforme. C’est clairement moins qualitatif ! Aussi, s’il y a une découpe au milieu des manches ou beaucoup de petites découpes ça et là sur la pièce, cela veut dire que les peaux utilisées ne sont pas de premier choix. »

 

3. Les traitements possibles du cuir

Bien évidemment, il ne suffit pas de se lancer une peau de bête sur les épaules tel Rahan pour porter une pièce en cuir. En effet, les peaux subissent un traitement spécifique qui, en fonction de la façon dont ils sont faits, donnent un rendu bien différent. Voyons les ensemble :

– Cuir plongé ou aniline : consiste à plonger la peau dans le bain afin de la teindre dans la masse. Il est exclusivement réservé aux peaux les plus belles, sans imperfections et pleine fleur. Si le rendu est sublime, il faut avoir en tête qu’aucune protection supplémentaire n’est ajoutée. La moindre goutte d’un quelconque liquide (eau y compris) sera donc fatale !

– Cuir corrigé ou semi-aniline : ici, la couche superficielle du cuir est légèrement poncée pour supprimer toutes les imperfections. Le résultat est un peu moins prestigieux qu’un traitement aniline, mais reçoit une protection supplémentaire après avoir été teint.

– Cuir foulonné ou grainé : réalisé sur des peaux présentant un grain prononcé. Ce traitement vient accentuer ce dernier et fonctionne particulièrement bien avec les teintes vives.

– Cuir pigmenté : on vient appliquer plusieurs couches de colorants opaques qui viennent gommer toutes les imperfections. Le processus rend le cuir plus résistant, plus homogène et plus facile à imperméabiliser. C’est ce type de traitement que subissent les cuirs pour les blousons de moto par exemple.

– Cuir suédé et nubuck : s’ils ont un aspect similaire, ils sont toutefois différents. Le cuir suédé est obtenu en ponçant la couche intérieure de la peau alors que le nubuck est une fleur (donc couche extérieure) poncée.

4. Les différents styles de blousons en cuir

Les matières ? Check. La qualité du cuir ? Check check. Les finitions possibles ? Triple check. Après tout cela, le plus évident à voir ensemble est sans aucun doute les formes à connaître. Car oui, il n’existe pas un type de blouson en cuir mais plusieurs, qui s’adapteront plus ou moins bien en fonction de notre style. Dans un souci de synthèse, nous allons lister les plus pertinents et les plus présents sur le marché, mais sachez qu’il en existe d’autres, à vous de les trouver !

A. Le perfecto

Difficile de parler de blousons en cuir sans évoquer celui qui règne en maître. C’est en 1928 que Irving Schott décide de produire un blouson spécialement conçu pour les motards new-yorkais. Très vite, la pièce rencontre un franc succès, en partie dû aux stars de cinéma hollywoodiennes qui le portent sur le grand écran. Façonnant le mythe autour de lui, il semble que le perfecto soit aussi facile à porter qu’un t-shirt et pourtant, la réalité est toute autre. En vérité, c’est sûrement le blouson en cuir le plus compliqué ! Et cela est dû principalement à trois détails bien spécifiques qui lui sont propres : sa fermeture Éclair croisée, son col à revers ainsi que sa coupe courte et cintrée. On privilégiera alors des pièces également cintrées pour garder une certaine cohérence dans les volumes. Cela dit, il est possible de le porter avec un jean droit par exemple, si et seulement si on choisit un modèle dit « traditionnel ».

Vente privee Marty & Gus

B. La flight jacket et ses déclinaisons

Car plus qu’un simple modèle de blouson en cuir, la veste d’aviateur regroupe bon nombre de versions, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Et je vais commencer par la A-1, la version moderne la plus ancienne (c’est bizarre, mais vous comprenez l’idée). Apparue en 1927 dans l’US Air Force, cette veste est entièrement boutonnée. Le col, mais aussi les poignets et les hanches accueillent des bords-côtes, censés la maintenir bien en place. 4 ans plus tard, la version A-2 apparaît avec cette fois-ci un col chemise ainsi qu’un zip, plus pratique et plus rapide à refermer. Sa version G-1, avec son col accueillant de la fourrure, est sans aucun doute le modèle le plus connu aujourd’hui. Enfin, la flight jacket, connaît plusieurs autres variantes, regroupées sous la lettre B, pour bombardier. Ici, on trouvera majoritairement de magnifiques peaux lainées au style bien affirmé.

Blouson-Daytona73-Porte-Look-1

C. Le bomber

Je fais une petite exception pour ce blouson militaire car il mérite qu’on parle un peu plus de lui. Appelé MA-1 dans l’US Air Force, il est surtout connu pour avoir été à l’origine réalisé en nylon. Aujourd’hui, il n’est plus rare de le trouver en cuir, et notamment en peaux retournées. Reconnaissable entre mille, il accueille des poches en biais ainsi que des bords-côtes au niveau des poignets, du col et des hanches. Assez proche de la A-1, il s’en différencie par un petit détail bien pensé : une poche zippée sur la manche gauche. Très polyvalent, il fonctionne dans bon nombre de tenues.

Avis blouson Asphalte

D. Le blouson de moto

Attention, pièce trèèèèèèès clivante en approche ! Le blouson de moto, avec le perfecto, est sans aucun doute le blouson le plus compliqué à porter. Pourtant, il apporte un certain caractère qui, s’il est correctement dompté, donnera un véritable poids à une tenue. Il est reconnaissable à son col cheminée court, ses poches poitrine zippées et ses poches en biais. Très populaire ces dernières années, le pauvre a vu son image ternie par des modèles à la confection faible et aux associations de style plus que douteuses. Ici, il faut garder en tête deux points : une coupe très fittée ainsi qu’un cuir lisse et impeccable. Il peut être également choisi en cuir suédé, pour lui donner un côté plus authentique.

Atelier Bertrand Poches

E. Les autres

Bon allez, je suis d’humeur sympa, je vous donne deux trois autres derniers modèles et après, on n’en parle plus ! En premier lieu, je parlerais de la varsity jacket, qui apparaît en 1865 sur le campus d’Harvard. L’équipe de baseball de l’époque décide alors d’apposer un « H » sur leur uniforme, une chemise en flanelle. Le siècle suivant, cette dernière devient un cardigan pour ensuite devenir dans les années 30 le blouson que l’on connait. Aujourd’hui, il n’est plus destiné uniquement aux sportifs des universités et habille parfois ses manches de cuir. On pourrait également citer les trucker jackets, laissant parfois leur denim favoris pour une belle pièce de cuir. Enfin, je citerais un style global, le shearling, qui regroupe toutes les peaux lainées. Très couteuses, ces pièces sont souvent des modèles d’exception.

Bombardier cuir homme

Pour aller plus loin, on a demandé à Julien, Directeur E-commerce de La Canadienne, spécialiste du vêtement en cuir, quels étaient les trois modèles de blousons homme à connaître :

« Pour l’homme, le style le plus recherché est le blouson aviateur, que l’on appelle aussi blouson pilote. Défini souvent comme un cuir chaud du fait de sa doublure intérieure ouatinée, le blouson aviateur est devenu un must-have pour le vestiaire masculin, comme l’est le perfecto. Aussi, le vrai blouson aviateur présente un col en laine véritable de mouton, qui peut être de couleur naturelle, ou colorée. Les modèles avec patchs marchent très bien chez les hommes. Ensuite, le bombardier en mouton est une très grosse vente de l’hiver chez l’homme aussi. En 2 mots : il n’y a pas de vêtement plus chaud qu’une peau lainée (peau extérieure mouton, intérieur laine mouton), et le bombardier fait partie de cette famille de vêtements. La peau extérieure est robuste (mouton), et l’intérieur est intégralement composé de laine. Le côté sympa est la patine qui s’installe sur la peau extérieure au fil des années. Ce vêtement nous suivra de très nombreuses années. Aujourd’hui il est plait à toutes les générations. C’est vraiment LE style aventure, caractère par excellence. »

 

5. Où en trouver ?

A. Entrée de gamme

Étant donné que la matière première est de base élevée, on parle ici de blousons en cuir valant déjà leur pesant d’or. Lorsque l’on souhaite acheter une pièce de ce type, il faut bien garder en tête qu’il faudra de toute façon débourser quelques centaines d’euros si on souhaite acquérir un blouson digne de ce nom. Dans cette catégorie, on regroupe donc les premiers cuirs de qualité accessibles, réalisés dans des peaux correctes et pouvant durer quelques années. Malgré quelques belles surprises, les patines ne seront pas exceptionnelles et parfois exagérées pour camoufler l’aspect banal du cuir.
Note : au-delà de la shortlist présentée ci-dessus, il ne faut pas oublier l’offre de seconde main, car on peut également y trouver de très belles pépites, croyez-moi !

Comment choisir un blouson ou une veste de mi-saison ?


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