Steve McQueen : le style du King of Cool
Il a beau s’en être allé depuis maintenant 46 ans, son impact sur la mode n’a pas diminué. Au contraire, on pourrait quasiment affirmer qu’il n’y a aucune personnalité qui ait autant marqué son époque et celle d’après dans de si nombreux domaines. Son statut d’icône, il se l’est forgé au cinéma avant tout, faisant passer Hollywood et ses étoiles dans un stade supérieur en termes d’impact sur la société. Sa notoriété, il se l’est faite dans une époque d’après-guerre durant laquelle les citoyens se cherchent des héros pour se rattacher à toutes leurs qualités de bravoure, de courage et de témérité. Steve McQueen faisait partie de ces modèles et il a su s’adapter aux différents changements de la société pour perdurer dans le temps. Article mis à jour le 12 juillet 2026.
Sommaire
- Courte biographie de Steve McQueen
- Le style McQueen à travers ses rôles
- Le style McQueen dans la vraie vie
- Une icône dépassant le cinéma
Courte biographie de Steve McQueen
1930 : Le 24 mars, William Terence McQueen, voltigeur aérien et Julia Crawford, une prostituée (alcoolique) donnent naissance à un enfant nommé Steve. Le père s’en va six mois après sa naissance.
1933 : Steve est envoyé à Slater, dans le Missouri, chez ses grands-parents Victor et Lillian car sa mère ne peut pas s’occuper de lui.
1938 : Il retourne vivre avec sa mère et son nouveau compagnon à Indianapolis. Ne s’entendant pas vraiment avec lui, il fugue et vit dans la rue dès 9 ans.
1944 : Après de nombreux aller-retours entre les deux familles, il est placé dans une école de garçons, la « California Junior Boys Republic » qui le rendra plus mature.
1946 : A 16 ans, il rencontre deux marins et décide de s’engager dans l’armée après avoir exercé de nombreux petits boulots.
1952 : Il commence à prendre des cours de comédie après avoir « apprécié son temps passé dans la Marine » et joue dans sa première pièce de théâtre.
1954 : Avec ses premiers cachets, il s’achète sa première Harley-Davidson et commence parallèlement à jouer pour dans des séries TV.
1955 : Steve McQueen part à la conquête d’Hollywood et enchaîne les petits rôles.
1958 : Il décroche un rôle dans la série télévisée « Au nom de la loi » diffusée sur le réseau CBS, son premier rôle majeur.
1960 : Steve apparaît au casting des « 7 Mercenaires » aux côtés de Yul Brynner, Robert Vaughn ou encore Charles Bronson dirigés par John Sturges. Ne pouvant pas assister au casting à cause de ses obligations pour la série TV, il prétexte un accident de voiture.
1963 : Sa première tête d’affiche se nomme « La Grande Évasion », film dirigé par John Sturges dans lequel il joue un officier tentant de s’échapper d’un camp allemand. Il convainc le réalisateur de tourner une scène d’échappée à moto malgré l’absence d’assurance. Son premier succès au box-office qui le fera connaître auprès du public.
1968 : Cette année, Steve McQueen tourne deux de ses films les plus célèbres ; « L’Affaire Thomas Crown » et « Bullitt » pour lequel il obtiendra sa première nomination aux Oscars.
1970 : Il participe aux « 12 Heures de Sebring » au volant d’une Porsche 908 et tourne l’année suivante le film « Le Mans », un drame avec en toile de fond la course automobile.
1972 : Sur le tournage du film « Guet-Apens », il rencontre sa deuxième femme Ali MacGraw.
1974 : Paul Newman et Steve McQueen sont réunis à l’affiche de « La Tour infernale ». C’est la première fois qu’un film réunit deux acteurs de si haute volée. Ils sont à l’époque les deux mieux payés d’Hollywood.
1979 : En décembre, une biopsie révèle un mésothéliome pleural, un cancer rare associé à une exposition à l’amiante. McQueen pensait avoir été exposé en retirant du calorifugeage amianté sur un navire pendant son service dans la Marine.
1980 : Ses prestations cinématographiques se sont faites rares, mais il tourne tout de même dans un dernier film nommé « Le Chasseur », sorti en salles quelques mois avant sa mort. Il meurt le 7 novembre, à 50 ans, des suites d’une crise cardiaque survenue quelques heures après une opération destinée à réduire ses tumeurs.
Le style McQueen à travers ses rôles
La Grande Évasion (1963)
Sorti en 1963, la « Grande Évasion » est le premier film qui voit Steve McQueen en personnage principal, le faisant alors changer de statut aux yeux du grand public. Il y joue un pilote de l’US Air Force tentant de s’échapper d’un camp où sont faits prisonniers des soldats d’armées ennemies à l’Allemagne durant la 2nde Guerre Mondiale. Son style dans ce film n’est pas très poussé, mais les bases sont posées avec une échappée en moto mémorable qu’il a lui-même suggérée au réalisateur. C’est en t-shirt, chino beige et bottes de moto que McQueen est la plupart du temps habillé dans le film. Plus que ça, on retient le style de leader charismatique, de héros qui contribuera à lui donner son surnom.
- T-shirt gris uni
- Chino beige
- Bottes de moto
- Une allure de héros qui forge son image publique
Le Kid de Cincinnati (1965)
Amateur de cartes, Steve McQueen est à l’affiche du « Kid de Cincinnati » en 1965. On l’y retrouve avec une « double carte » : as du poker et séducteur. Outre les phrases mythiques qui circulent aujourd’hui encore sur toutes les tables de jeux (bien qu’elles aient été en partie remplacées par celles de « Les Joueurs »), Steve confirme son goût vestimentaire après quelques films. On l’y voit sortir une panoplie encore très actuelle (et il y est en partie responsable) : blouson en cuir avec pull col rond, veste en tweed, chemise en chambray et cardigan à col.
L’Affaire Thomas Crown (1968)
1968 est l’année de McQueen car il y sort deux de ses films les plus mythiques dont « l’Affaire Thomas Crown ». Il se meut alors en homme d’affaires riche et blasé par la vie préparant un grand braquage pour se distraire. Il est alors au sommet de son élégance portant de nombreux costumes trois-pièces comme ceux des deux premières images : le premier à fines rayures et le second à carreaux, généralement finis par des chaussures à boucles (dont il était adepte). Mais avant tout, c’est dans cette apparition qu’il montre à la face du monde son addiction pour les lunettes Persol avec ce modèle pliable depuis devenu mythique : la 714S. Enfin, on est pas mal au niveau des tenues casual avec encore ici quelques pièces iconiques comme le blouson Harrington et cette subtile silhouette finie d’un trench à boutonnage simple.
- Costume trois-pièces à fines rayures ou à carreaux
- Chaussures à boucles
- Lunettes Persol 714S pliables
- Blouson Harrington et trench à boutonnage simple
Bullitt (1968)
La même année sort « Bullitt », film dans lequel Steve McQueen est accompagné de la sublime Jacqueline Bisset. Il est alors totalement dans son élément, jouant ce rôle de flic brusque et traquant la mafia à grands coups de flingues et de courses poursuites endiablées dans sa Ford Mustang GT. L’esthétique du film est fidèle à l’image qu’a le public de McQueen ; un mec à la cool un peu rustre et qui n’a pas froid aux yeux. Chose vestimentaire notable : il ne quitte pas ses chukka boots en daim marron à semelle de crêpe, son col roulé marine, sa veste marron avec patch sous les coudes et sa Benrus (inutile de mentionner le modèle des lunettes de soleil)… intemporel !
- Chukka boots en daim marron Sanders, semelle de crêpe
- Col roulé marine
- Veste marron à patchs coudes
- Montre Benrus et lunettes de soleil Persol
Le Mans (1971)
En 1971, McQueen tourne « Le Mans », un projet qu’il porte depuis des années et pour lequel il a lui-même négocié un accord de sponsoring avec Gulf Oil. Il y interprète le pilote Michael Delaney lors des 24 Heures du Mans, entouré de véritables pilotes professionnels engagés pour le tournage, et une bonne partie des scènes de course a été filmée en conditions réelles pendant l’édition 1970 de l’épreuve. Contrairement aux autres films de cette liste, ce n’est pas un vêtement de ville qui marque les esprits ici, mais une combinaison de course : la fameuse combinaison Nomex crème à bandes orange et bleu, réalisée par Hinchman d’Indianapolis, brodée « Michael Delaney » et couverte des écussons Gulf, Firestone et Heuer, portée avec un col roulé ignifugé et un casque Bell. C’est sur ce tournage qu’il porte, entre deux prises, sa Rolex Submariner personnelle, retirant pour la caméra la Heuer Monaco 1133B associée au personnage.
- Combinaison de course Nomex crème signée Hinchman, à bandes orange et bleu
- Écussons Gulf, Firestone et Heuer brodés sur la poitrine
- Col roulé ignifugé porté sous la combinaison
- Casque Bell et gants de pilotage assortis
Guet-Apens (1972)
Ce n’est certainement pas son film le plus important, mais surtout le tournage sur lequel il a rencontré sa deuxième femme Ali MacGraw. Nous sommes en 1972, et il y joue Doc McCoy, un gangster poursuivi par ses comparses après un braquage. Tous les ingrédients des films de McQueen sont réunis : des flingues, des poursuites en caisse et ce style costume-cravate-chemise blanche qu’il porte tout au long de l’histoire.
- Costume sombre et cravate fine
- Chemise blanche
- Silhouette stricte, presque en rupture avec ses rôles précédents
Le Chasseur (1980)
C’est le dernier film dans lequel McQueen a tourné avant sa mort prématurée en 1980. Malgré le changement d’époque, on reste sur les mêmes bases et il y joue un chasseur de primes dangereux au volant. Son look est plus qu’actuel avec un bomber MA-1 porté sur une chemise, un jean et des baskets.
- Bomber MA-1
- Chemise simple
- Jean droit
- Baskets basses
Le style McQueen dans la vraie vie
Les différents costumes des rôles qu’a joués Steve McQueen ont une grande influence sur son style de tous les jours. Par ailleurs, sa jeunesse tumultueuse et son attrait pour les belles mécaniques ont fait que Steve a pris goût aux belles choses de la vie. Il est donc toujours rasé de près et porte une coupe courte qu’il ne coiffe sur le côté que pour les besoins de ses films. Il ne reste pas moins un amoureux de la nature et de belles mécaniques, n’hésitant pas à s’engager dans des rallyes et safaris automobiles bien boueux ou des sorties en plein air.
S’il est capable de se fondre dans des personnages très élégants pour ses films, Steve McQueen ne s’habille pas vraiment de cette manière-là tous les jours. Le reste du temps, son style est un mélange entre celui du cow-boy, du pilote dans le paddock et l’aventurier. On trouve ainsi de nombreuses pièces en denim (chemises, vestes, jeans), des pièces en grosses mailles, des blousons courts et aux pieds, généralement des boots (chukka, bottes de moto, desert boots). Nombreuses sont les pièces qu’il a rendues mythiques, on pense bien sûr aux lunettes Persol 714, mais également à la Rolex Submariner, les chukka boots à semelle en gomme ou encore sa vieille chemise en jean qu’il ne quittait que rarement.
- Pièces en denim brut : chemise, veste, jean
- Grosses mailles et blousons courts
- Boots à toute occasion : chukka boots, desert boots, boots motard
- Accessoires devenus mythiques : Persol 714, Rolex Submariner
Malgré son look de bad boy, Steve McQueen profitait de quelques occasions pour se vêtir de manière plus conventionnelle. Il appréciait notamment la combinaison pull/blazer qu’il complétait par un chino et une paire de chukka boots.
Vers la fin de sa vie, Steve McQueen ne se rasait plus et avait perdu beaucoup de poids, alors rongé par le mésothéliome. Il continuait cependant d’avoir du style comme ici en chemise à carreaux, jean et baskets en toile sur sa très belle Harley… Aujourd’hui certains appelleraient ça « hipster » !
Une icône dépassant le cinéma
Un des acteurs les mieux payés de son temps, Steve McQueen était aussi appelé « the King of Cool » (le roi du cool). Ses contributions à l’histoire du style masculin resteront éternelles car c’est lui qui a rendu le vêtement décontracté cool, qui a donné au style sportswear américain ses lettres de masculinité. Alors oui, les costumes trois-pièces lui allaient comme à personne d’autre, mais c’était lorsqu’il chevauchait sa bécane et portait un jean usé qu’il se sentait le plus dans son élément, et ça transparaissait. Clairement, c’était l’homme qui portait le vêtement et pas le contraire, ce que les anglo-saxons appellent « effortless style », le style sans faire d’efforts, pas calculé.
A vrai dire, il n’apparaît rien d’impressionnant ou de particulièrement excentrique dans son style lorsqu’on le regarde aujourd’hui, car il ne porte en fait que des basiques. Premièrement, ils n’en étaient pas à l’époque et il a en partie contribué à rendre toutes ces pièces de vrais classiques du look casual masculin. Mais également son attitude générale qui l’a élevé au rang de mythe culturel. Car son attitude de tombeur un peu badboy tranchait avec celle des jolis minois bien rasés et bien coiffés de la génération précédente (voir notre icône de mode #1 : Cary Grant). La conséquence directe, c’est que dans cette période de grand changement culturel des années 60, il fut en quelque sorte la figure de proue de toute une génération d’hommes cassant les codes du classicisme et du savoir-être masculin.
En quoi peut-on s’inspirer du style de Steve McQueen en 2026 ?
Les tendances mode homme de cette saison (voir notre article sur les tendances mode masculine printemps-été 2026) reviennent presque exactement à ce que McQueen portait déjà il y a soixante ans : un mélange de workwear patrimonial et de pièces plus habillées, sans jamais que l’ensemble paraisse construit. Voici les pièces de son vestiaire qui restent les plus pertinentes à reprendre aujourd’hui, réunies par famille.
Manteaux
- Veste en tweed : associé à un chino et des boots pour un style smart casual.
- Costume trois-pièces (rayures ou carreaux) : particulièrement dans L’Affaire Thomas Crown, incarnation de son côté élégant.
- Trench-coat : sobre, à simple boutonnage.
Blousons
- Blouson Harrington (type Baracuta G9) : l’un des blousons casual les plus emblématiques de son vestiaire.
- Blouson en cuir : inspiré de son univers de motard et de pilote.
- Bomber MA-1 : notamment dans Le Chasseur, associé à un jean et des baskets.
- Veste en jean : une vieille veste qu’il portait très fréquemment dans sa vie quotidienne.
Pulls et cardigans
- Pull col roulé marine : pièce iconique de Bullitt.
- Pull col rond en laine : souvent porté sous un blouson ou un blazer.
- Cardigan à col châle : dans ses tenues casual des années 60.
Chemises
- Chemise en denim (chambray ou jean) : portée seule ou sous une veste.
T-shirts
- T-shirt blanc uni : simple, ajusté, symbole du style « effortless ».
Pantalons
- Jean brut ou légèrement usé : pilier de son vestiaire, souvent associé à un t-shirt blanc ou une chemise en denim.
- Pantalon chino beige ou kaki : alternative au jean, notamment dans La Grande Évasion.
Chaussures
- Chukka boots en daim : souvent marron avec semelle en crêpe, portées aussi bien avec un jean qu’un chino.
- Desert boots : une autre variante de boots minimalistes qu’il porte régulièrement.
- Bottes de moto : rappel de sa passion pour les motos.
Accessoires (montres, gants)
- Lunettes de soleil Persol 714 : sa signature absolue. Le modèle pliant est devenu indissociable de son image.
- Gants de conduite : accessoire fréquent avec ses voitures de sport.
- Rolex Submariner : la montre qui complète son image de « King of Cool ».
Steve McQueen a popularisé des basiques intemporels portés avec une attitude naturelle. C’est cette simplicité – jean, t-shirt, boots, blouson court et accessoires iconiques — qui a fait de lui le « King of Cool ».
Pour aller plus loin sur les accessoires qui ont construit cette réputation, on a consacré un article complet aux montres de Steve McQueen, à l’écran comme dans la vraie vie.
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