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Icône de mode #1 : Cary Grant

La mode, ce n’est pas seulement des fringues et des créateurs. C’est aussi des personnages qui incarnent une tendance, une période, un vêtement. Qu’ils soient acteurs, chanteurs, hommes politiques, sportifs ou tout simplement influenceurs, ce sont eux qui dictent, parfois malgré eux, la mode vestimentaire de tous les jours. De leur vivant ou même après leur mort, ces personnages ont marqué l’histoire grâce à leur talent, leur carrière mais aussi grâce à leur style. Notre saga « icône de mode » s’intéresse à la vie de ces hommes qui ont su laisser leur emprunte dans la mode d’hier et d’aujourd’hui. Pour le premier opus, on s’intéresse à un acteur emblématique des années 40 et 50. Passé par la comédie et les films à suspense, il a fait de son visage charmeur et de ses costumes impeccablement taillés sa marque de fabrique. Il est, avec James Stewart, l’acteur fétiche du maître Alfred Hitchcock, mais aussi un homme résolument indépendant dans ses choix de vie. Voici notre icône de mode #1 : Cary Grant.

Cary Grant (1904-1986)

« J’ai probablement choisi ma profession parce que je cherchais l’approbation, l’adulation, l’admiration et l’affection. » – Cary Grant

Une enfance difficile qui le mène vers le théâtre

Cary Grant, de son vrai nom Archibald Alexander Leach, a vu le jour le 18 janvier 1904 en Angleterre, dans la ville de Bristol. Fils d’un presseur de vêtements alcoolique et d’une mère femme au foyer, sa famille est pauvre et son enfance difficile. Vers ses 9-10ans, son père place sa mère dans un institut psychiatrique en lui faisant croire qu’elle est décédée car cette dernière ne se remet pas de la mort de leur premier enfant. Le petit Archie est alors bouleversé par la perte de sa mère qu’il ne retrouvera que des années plus tard, à l’aube de ses 30 ans. Petit garçon modèle, il s’intéresse au théâtre à son adolescence et intègre la troupe de comédie Bob Pender à 14 ans. La troupe sillonne l’Angleterre puis continue sa tournée aux Etats-Unis. Grâce au succès de celle-ci, Archie décide de s’installer à New-York où il vit de petits boulots et commence à décrocher des rôles et apparitions dans de petites pièces à Broadway.

À la conquête d’Hollywood

C’est en 1931 qu’il obtient son premier rôle dans la comédie musicale « Nikki » avec l’actrice Fay Wray, où il joue le rôle d’un soldat nommé Cary. Remarqué, il obtient un petit rôle dans un court métrage, « Singapour Sue », ce qui lui donne le goût du cinéma. Il auditionne alors pour les studios de la Paramount avec succès et choisit alors Cary Grant comme nom d’artiste. La légende veut qu’il ait choisi Cary en référence à son rôle dans « Nikki » et Grant est un nom figurant sur une liste que la Paramount lui a donné en lui conseillant de changer d’identité. Une autre dit qu’il aurait choisi d’avoir comme initiales les lettres C et G en espérant que ça lui porte chance comme pour Clark Gable et Gary Cooper.

« This is the night » est son premier film sous le pseudonyme de Cary Grant. Il enchaîne alors les films aux côtés des plus grandes actrices comme Marlene Dietrich, Sophia Loren, Ingrid Bergman, Audrey Hepbrun ou encore Grace Kelly. Initialement plutôt tourné vers les comédies, ou son léger accent britannique représente un atout comique aux Etats-Unis, l’acteur se fait alors spécialiste des comédies loufoques, incarnant généralement le rôle d’un gentleman charmeur et excentrique. En 1936, lassé d’être cantonné aux mêmes rôles, il décide de prendre sa carrière en main en quittant la Paramount, devenant ainsi un des premiers acteurs indépendants.

C’est sa rencontre avec Alfred Hitchcock qui lui permettra de donner une autre dimension à sa carrière. Si les personnages qu’il incarne restent proches des rôles qu’il avait eu jusqu’ici (malicieux et séducteurs), sa filmographie s’étend alors au-delà de la comédie. Au total, Cary Grant aura tourné à quatre reprises avec le maître du suspense dans « Soupçons » (1941), « Les Enchaînés » (1946), « La main au collet » (1955) et « La Mort aux trousses » (1959). Dans ce dernier film, Cary Grant y incarne Roger O. Thornhill, un publicitaire embourbé dans une histoire rocambolesque due à un simple malentendu. Pour l’acteur, le tournage fut laborieux, étant donné qu’il éprouvait des difficultés à comprendre le scénario. Lors d’un entretien avec François Truffault en 1967, Alfred Hichcock raconte une anecdote de tournage :

« Un jour, Cary Grant est venu me voir et m’a dit : « Je crois que c’est un scénario épouvantable, car nous avons tourné le premier tiers du film, il se passe toutes sortes de choses, et je ne comprends absolument pas de quoi il s’agit. »

Ce n’est qu’au visionnage que l’acteur parvint à saisir la complexité de l’histoire. « La mort aux trousses » obtint rapidement un grand succès, et est aujourd’hui considéré comme une œuvre majeure des filmographies d’Hitchcock, de Cary Grant et, de manière générale, de l’histoire du cinéma.

Le réalisateur, d’ordinaire plutôt dur avec les acteurs, dira de lui qu’il est le seul acteur qu’il ait jamais aimé de toute sa vie.

Dans sa vie privée, il est dépeint comme quelqu’un qui veut tout contrôler, parfois brutal et ayant du mal à gérer ses relations amoureuses. Il a été marié 5 fois et est devenu papa d’une petite Jennifer en 1966 avec sa 4ème épouse Dyan Cannon. L’orientation sexuelle de l’acteur fut également incertaine. Durant 12 ans, Cary Grant vécu avec son ami Randolph Scott. Si la nature de leur relation n’a jamais été précisément établie, certains proches la définirent comme amoureuse. Dans toute sa carrière cinématographique, il fut nommé deux fois aux Oscars pour les films « Penny serenade » (1941) et « None but the lonely heart » (1944). A défaut de les remporter, il reçoit en 1970 un oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière des mains de Frank Sinatra. Il succombe à l’âge de 82 ans d’un accident vasculaire cérébral. Connu et reconnu, Cary Grant reste dans les mémoires comme un des plus grands de sa génération.

Cary Grant : son style

Cary Grant a été à son époque, et reste aujourd’hui, un sex-symbol. Grand, brun, sportif, le teint légèrement halé, son regard profond et son sourire charmeur ont fait de lui une icône du vieil Hollywood. Toujours élégant, il ne quitte presque jamais ses costumes. Habitué de la rue de Savile Row à Londres (qui concentre certains des meilleurs tailleurs du monde), il s’est essayé aux costumes trois-pièces, croisés, rayés ou unis. Ses coupes sont amples (question d’époque) et ses vestes longues (avec épaulettes). Adepte de la chemise blanche, il l’associe généralement à une cravate unie à noeud simple (four-in-hand). Même dans un style plus décontracté, il reste chic avec des looks plutôt preppy. Il arbore des uniformes comme celui de marin dans « Singapour Sue » (1932) ou celui du lieutenant de marine américain Pinkerton, du célèbre opéra italien « Madame Butterfly ». L’uniforme ayant toujours été un objet de fantasme, ce genre de rôle a donc contribué à augmenter son sex appeal auprès de la gent féminine.

Au côté d’Ingrid Bergman dans « Les enchaînés » d’Hitchcock, il joue T.R Devlin un agent secret américain qui tombe amoureux de la belle Alicia. Un costume sombre à fines rayures accompagné d’un Fédora lui donne tout de suite un air plus grave et sombre, un style différent de ses comédies habituelles. Côté coiffure, Cary Grant n’est pas un excentrique capillaire puisque depuis son plus jeune âge il arbore la même coupe : la raie sur le côté. Celle-ci se veut nette et à droite. Le tout est gominé avec un léger effet de vaguelettes sur le dessus, et les cotés sont impeccablement plaqués. Une coiffure de gentleman qui, avec son sourire, en fait un parfait Don Juan.

Cary Grant est l’exemple même des hommes qui, comme le bon vin, se bonifient avec l’âge. Au fil du temps, les traits de son visage ont perdu un peu de douceur, son minois de premier de la classe a gagné en caractère et maturité. Ses cheveux grisonnants ne gâchent en rien son charisme et sa classe naturelle. Le Cary Grant mature n’est pas sans nous rappeler un certain George Clooney, l’un des hommes les plus sexy d’aujourd’hui. Son élégance et son style inspira même à Ian Fleming le célèbre personnage de James Bond. Sollicité pour incarner l’agent secret dans le premier film de la saga, il déclina estimant qu’à 58 ans, il était trop âgé pour le rôle. Pour l’anecdote, Cary Grant aurait été, pendant la Seconde Guerre mondiale, missionné par le MI6 et l’OSS pour dénicher d’éventuels sympathisants nazis dans l’industrie hollywoodienne. Un point commun supplémentaire avec 007 !

Comment être un bon Cary Grant ?

Un beau costume prince de Galles, une chemise blanche avec une cravate unie, une coiffure gominée avec raie sur le côté et effet wave, regard profond, sourire malicieux, une clope à la main et le tour est joué ! Autre dimension importante : l’humour et la confiance en soi ! Digne représentant du flegme britannique, il confie lors d’une interview :

« Tout le monde veut-être Cary Grant. Même moi je veux être Cary Grant ».

La classe non ?

Son style : résolument chic, tout droit sorti des années 30 !

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