Comment choisir une cravate ?

Si une cravate peut présenter l’intérêt de donner chaud en hiver, elle ne nous protège pas du soleil, elle n’apporte pas un quelconque confort à une tenue, etc., son usage reste donc en grande partie esthétique. Son origine remonte au IIIème siècle avant JC, mais sa forme moderne provient d’un attribut vestimentaire spécifique à un régiment de hussards croates créé sous Louis XIII. Adoptée ensuite par la cour, elle a alors pour simple objectif de montrer que son porteur a la capacité financière d’acquérir une étoffe luxueuse et de se la nouer autour du cou pour n’importe quelle occasion : pour un bal mais aussi pour une partie de chasse ou lors de la guerre. Malgré ce côté hautement ostentatoire, elle a su traverser les époques et est portée aujourd’hui par des millions d’hommes de par le monde quotidiennement. Et cela pour une bonne raison : elle est bien plus qu’un simple accessoire. Aujourd’hui, on débute une mini-série d’articles s’intéressant à cette pièce particulière de notre dressing. Et on commence par les bases :

Cravates

1. Les matières

À l’origine, la cravate était en soie. Elle était donc plutôt fluide et se nouait facilement autour du cou. Si cette matière reste prépondérante dans sa conception, il n’est pas rare de voir d’autres fibres (végétales ou animales) être utilisées pour sa réalisation. Voyons ensemble les principales :

A. La soie

Et on commence bien évidemment par la matière reine, la soie. Pour ceux qui l’ignore, cette dernière n’est autre qu’une « substance filamenteuse, souple, brillante, sécrétée par la chenille du papillon Bombyx du mûrier ou ver à soie, et qui durcit à l’air, fournissant alors un fil résistant ». C’est donc une fibre naturelle et c’est d’ailleurs l’une des plus fortes. Malheureusement, elle perd rapidement de cette force (jusqu’à 20%) lorsqu’elle est mouillée.

Cravate Grenadine Soie

Cravate en Grenadine de soie Atelier Particulier
De par son moyen de production, elle est considérée comme une fibre luxueuse et entre donc dans la conception de vêtements et accessoires haut-de-gamme. À noter d’ailleurs qu’un certain comte Hilaire de Chardonnet est l’inventeur de sa jumelle synthétique et que l’on appelle généralement rayonne. En ce qui concerne la cravate, elle se décline sous trois formes principales : le satin, la grenadine ou le natté. Plus confidentielle mais toute aussi intéressante, la soie dite Shantung, qui présente des irrégularités.

Cravate Shantung Figaret

Cravate en soie Shantung Howard’s

B. La laine

Autre matière massivement utilisée pour la confection d’une cravate : la laine. Provenant majoritairement des ovidés, c’est l’une des fibres naturelles les plus isolantes. Absorbant également l’humidité, elle est donc parfaite pour l’hiver. En fonction de sa provenance mais également de la manière dont on la traite, on obtient une grande richesse de laines. Ainsi, on pourra citer par exemple l’alpaga, le cachemire et la flanelle, mais aussi le mohair, le tartan et le tweed. Ici, c’est son traitement flanelle qui nous intéresse. Présentant un touché duveuteux, ce type de tissu apporte à une cravate une fluidité et un tombé parfait. Aussi, elle finira à merveille un look formel hivernal.

Cravate Laine Atelier Particulier

Cravate en laine Atelier Particulier

C. Le coton et le lin

Si chacune a ses propres propriétés, on a décidé de regrouper ces deux fibres naturelles ensemble puisqu’elles restent relativement similaires. La première est extraite de la fleur de coton, dont les fibres sont transformées en fil. Moyennement chaud, le coton est toutefois reconnu comme étant résistant, facile à entretenir et doux. Fibre naturelle la plus utilisée dans le monde du textile, il n’est pas rare de la voir apparaître dans la composition des cravates, dans sa totalité comme en mélange. Elle est généralement utilisée de deux manières : lisse ou bien en seersucker.

Cravate Lin

Cravate en lin Cinabre
Lorsqu’on pense au lin, on a souvent en tête l’image d’une matière certes souple et aérée, mais relativement brute et facilement froissable. Pourtant, il existe des tissus en lin très fluides et doux ! Ces derniers sont alors utilisés dans la conception de cravates et sont généralement associés à de la soie. La plupart du temps, elles sont teintes dans des couleurs douces et chaudes, nous obligeant ainsi à les porter lors de la belle saison.

2. Le montage

Si les matières utilisées à la confection d’une cravate nous renseignent sur sa plus ou moins bonne qualité, le montage est tout aussi important ! En effet, et cela ne saute pas forcément aux yeux, la cravate possède plusieurs détails de confection ainsi que son propre vocabulaire. Voici les points majeurs à observer lorsqu’il s’agit d’en acquérir une.

A. La Sainte Trinité

Concrètement, une cravate se divise en trois couches : l’enveloppe, la doublure et la triplure. Si ces noms parlent plus ou moins d’eux-mêmes, il est toutefois bon de préciser à quoi ils correspondent réellement. Pour l’enveloppe, c’est très simple, il s’agit de l’extérieur. Autrement dit, elle correspond au tissu extérieur que l’on touche lorsque l’on a une cravate en mains. Juste en-dessous, on retrouve la triplure.

Cravate Atelier Particulier
Cette dernière correspond à une toile, généralement réalisée en laine, qui donne de l’épaisseur à l’ensemble, facilitant ainsi le nouage de la cravate. De façon plus imagée, disons que la triplure est l’équivalent de la toile tailleur dans un costume. Et enfin la doublure, qui se situe sur l’envers d’une cravate. Elle vient terminer les pans et peut, comme la doublure d’un costume, venir contraster avec l’endroit.

B. Trois plis, sept plis et travetto

Une fois que toutes ces parties sont en place et reliées entre elles, il s’agit de « fermer » la cravate. Pour ce faire, on plie son enveloppe sur elle-même. Traditionnellement, cette étape se fait trois fois, d’où le terme trois plis. Mais ce n’est pas une règle immuable ! En effet, il n’est pas rare de voir des cravates démunies de triplure. Dans ce cas, il faut récupérer de l’épaisseur par un autre moyen. Et la façon la plus simple est de multiplier les plis ! C’est ainsi que les cravates sept plis ont vu le jour.

Cravate Trois Plis

Cravate trois plis Cinabre
Gage de qualité pour certains, excentricité pour d’autres, il faut toutefois souligner le fait que cette technique apporte un mouvement particulier au tissu et permet réellement de grossir l’enveloppe. Pour terminer l’ensemble, on réalise alors un point d’arrêt (aussi appelé travetto). Fait à la main ou par une machine, il n’est généralement pas trop serré afin de maintenir le tissu tout en lui donnant une certaine liberté de mouvement et, ainsi, éviter tout pli disgracieux. Ah, petit détail qui a son importance, la finition du pan avant. Ce dernier accueille un angle de 45 degrés, qui a pour effet d’éviter que la cravate ne vrille une fois portée. On appelle ça « cut on the bias » en anglais.

Cravate Sept Plis

Cravate sept plis Howard’s

C. Les tailles

Car oui, il existe différentes tailles de cravates ! Plus précisément, la cravate connaît différentes largeurs (mais si, souvenez-vous des années 70, des pantalons pat d’eph’ et des cols pelles à tarte !). Ici, notre choix sera principalement déterminé par notre morphologie. Mais pas que ! Commençons donc par les trois largeurs principales d’épaules que la nature a à nous offrir.

Cravates Tailles

– Pour un homme petit et/ou fin : ici, le mieux est de partir sur un modèle compris aux alentours des 7,5 centimètres. Cela permet d’équilibrer la silhouette et, ainsi, d’éviter d’y ajouter un accessoire disproportionné. En définitive, le principe est le même que pour tout vêtement ample : ils sont à éviter lorsqu’on est petit, car cela accentue l’effet de tassement.

– Pour un homme de corpulence moyenne : le choix est on ne peut plus simple. On choisira parmi tous les modèles compris entre 8 centimètres et 8,5 centimètres !

– Pour un homme grand et/ou corpulent : si on suit la logique des deux précédentes situations, on partira ici sur des cravates de 8,5 centimètres et plus. Là encore, on adapte l’accessoire à la morphologie qui le porte. Et il suffit de s’imaginer un torse large avec une cravate cigarette pour se rendre compte du ridicule de la situation !

Autres points auxquels il faudra prêter attention, les revers de veste et les cols de chemises. En effet, une cravate fine s’associera mieux à des revers fins et à un petit col (salut Hedi Slimane). Attention toutefois à ne pas choisir un col trop petit, qui ferait apparaître le noeud de la cravate. À l’inverse, un modèle large ira davantage avec d’importants revers et un col dont la largeur est supérieur à 6 centimètres.

4. Les motifs

On a vu les matières et les différentes spécificités du montage d’une cravate, passons désormais aux différents motifs qu’elle peut accueillir. Avant de rentrer dans les détails, il faut mettre en exergue une règle immuable : varier les échelles. Pour faire simple, une cravate à pois pourra se porter sur une chemise à rayures, si tant est que l’espacement entre les pois ne soit pas identique à celui entre les rayures. Autre association possible, une cravate à larges rayures sur une chemise à petites rayures.

A. Les rayures

C’est sans aucun doute le motif le plus répandu. À l’origine de celui-ci, on retrouve un modèle bien particulier, appelé « regiment tie ». Ce dernier nous vient de l’armée britannique. En effet, entre le XIXème et le XXème siècle, ce motif était utilisé pour marquer son appartenance à un régiment. En découlera sa version civile, que l’on connait tous sous le nom de « club tie ».

Cravate Club

Cravate club Cinabre
Là encore, elle servait à montrer son affiliation à un club ou bien une école (oui, comme dans Harry Potter !). Aujourd’hui, il n’est pas rare de porter une club sans forcément appartenir à telle ou telle entité. À noter que ces rayures ont un sens : si elles partent de l’épaule gauche du porteur et s’arrêtent sur le flanc droit, elles habillent une cravate club européenne (ou anglaise). Si c’est l’inverse, la cravate est alors une cravate club américaine.

Cravate Rayures Fines

Cravate rayée The Nines

B. Les pois

La cravate à pois a souvent souffert d’une image peu glorieuse. En effet, mal choisie, elle pouvait rapidement être considérée comme de mauvais goût. Pourtant, il suffit de respecter deux petites règles afin de choisir à coup sûr la bonne cravate. Et la première concerne la circonférence des points. En effet, ces derniers doivent être ni trop petits (afin d’être relativement visibles), ni trop importants (pour ne pas être trop disgracieux). Il faudra également veiller à ce qu’ils ne soient ni trop espacés, ni trop serrés.

Cravate Pois

Cravate à pois Atelier Particulier

C. Les carreaux

Ce motif reprend plus ou moins ceux que l’on peut voir sur un costume. Ainsi, on en aura deux principaux : les carreaux fenêtres et le Prince de galles. Les premiers se distinguent par des lignes relativement larges verticales et horizontales formant des rectangles ou des losanges. En terme de teintes, on sera soit sur le même spectre de couleurs, soit sur du contrastant. Le Prince de galles s’en différencie par la combinaison de carrés de couleurs, de pieds-de-poule et de carreaux fenêtre.

Cravate Carreaux

Il n’est pas rare de trouver également des modèles comprenant un motif décliné du Prince de galles (ce dernier conserve ses carreaux de couleurs et carreaux de fenêtre mais supprime les pieds-de-poule). Aussi, le tartan et le vichy sont des motifs qu’il est possible de voir sur des cravates.

D. Les motifs cachemire / paisley

L’un dans l’autre, ces derniers sont plutôt similaires. En effet, le terme « paisley » peut être traduit par cachemire. Historiquement, c’est sans aucun doute l’un des motifs les plus utilisés. Plutôt tombé en désuétude au début des années 2000, le motif cachemire revient en force ces dernières années, et notamment grâce à l’engouement grandissant pour le vintage. Provenant d’Orient, son nom d’origine est boteh (paisley venant quant à lui d’une petite ville écossaise). Plutôt complexe, il représente différentes choses en fonction de sa provenance : cyprès, palme, arbuste, etc. Il connaît également différentes formes, de la plus petite à la plus grande. Ce motif se retrouve généralement sur des cravates larges, pour un look rétro aux accents de sprezzatura.

Cravate Paisley

Cravate paisley Sera Fine Silk
En définitive, la cravate est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Que ce soit pour les matières, mais aussi le montage ou bien les motifs qu’elle peut arborer, il existe plusieurs déclinaisons qu’il est important de connaître afin de la choisir au mieux. Bon, les bases sont donc posées, il est temps de passer à la suite ! Dans le prochain épisode article, on passe à la pratique : on vous dira tout sur comment porter sa cravate. Stay tuned!

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