Chevalière homme : comment la faire ajuster à sa taille
On a tous, quelque part, des bijoux de famille cachés. Une chevalière, une gourmette, une chaîne que l’on garde précieusement, mais qui seraient sans doute mieux en sécurité — et davantage mises en valeur — si on les portait. Nous lançons une nouvelle série consacrée à ces bijoux de famille, avec une idée simple : leur offrir une seconde vie. Réparation, transformation, détournement… chaque épisode racontera l’histoire d’un bijou, de son propriétaire et de ce qu’il devient. Cet article est le premier d’une série qui en comptera plusieurs. Et pour ouvrir le bal, j’ai choisi de vous parler d’un bijou qui m’est particulièrement cher : la chevalière en or de mon père.

Un bijou devenu trop petit pour lui, trop grand pour moi
Mon père a fait réaliser cette chevalière avec l’argent hérité de la vente de terres de son père. Mais il a cessé de la porter il y a une dizaine d’années : avec l’âge, son doigt avait changé de volume et la bague était devenue trop serrée. Il l’a alors rangée. Moi, j’aurais aimé la porter à mon tour, à l’auriculaire, exactement comme lui. Le problème, c’est qu’elle était trop grande pour moi. J’ai donc pris la décision de la faire réduire à ma taille.

La mise à taille, étape par étape
Première étape : mesurer précisément la circonférence de mon doigt. Sur l’auriculaire, l’ajustement doit être très précis. Sinon la bague tourne en permanence et finit par glisser. Le risque de la perdre est d’autant plus grand qu’aucun doigt voisin ne vient la retenir. J’ai confié le travail à Mathias, d’Atelier Septentrion. Artisan joaillier, il crée ses propres bijoux depuis dix ans et a ouvert sa première boutique dans le centre-ville de Rennes en septembre 2025, ce qui lui permet aussi de proposer ce type de service.
« Pour réduire une chevalière, on découpe une portion de l’anneau à l’arrière, on ressoude les deux extrémités, puis on polit l’ensemble avant un nettoyage aux ultrasons pour retrouver l’éclat d’origine. » Mathias, artisan joaillier, Atelier Septentrion
Le geste est précis, presque chirurgical. Après avoir redressé la chevalière, qui, après avoir été portée pendant des années, avait pris une forme presque ovale, il s’est attaqué au cœur du travail, en retirant un peu d’or sans abîmer le décor de la bague. Il a ensuite fallu ressouder les deux extrémités. Et pour que la chevalière brille à nouveau, Mathias l’a entièrement polie, puis passée aux ultrasons pour finir d’éliminer les impuretés. Quand il me l’a rendue, elle brillait comme lorsque je la regardais enfant, au doigt de mon père. Quelle joie !

Et l’or retiré ?
Évidemment, l’or retiré lors de la réduction m’appartient, et Mathias l’a mis de côté pour me le remettre. Comme j’avais un autre projet, j’ai décidé de le faire refondre — cela m’évite aussi de le perdre — avec un autre bijou ayant appartenu à mon père : un bouton de manchette dont nous n’avons pas retrouvé la paire. L’objectif est de réparer et transformer le tout en un pendentif en ivoire qu’il ne porte plus non plus. Il était devenu trop usé et risquait de le perdre. Ce sera le sujet d’un prochain épisode de la série.

Et vous, quel serait votre prochain projet ?
J’espère que ce premier épisode vous aura inspiré. Je suis persuadé que vous avez, vous aussi, un bijou de famille en tête qui pourrait connaître une deuxième vie. Une bague devenue trop petite, une gourmette dont le fermoir ne tient plus, un bijou dont vous ne savez plus quoi faire…
Dites-moi en commentaire quel bijou vous est cher et que vous aimeriez faire réparer ou transformer. Certaines de vos histoires pourraient inspirer un futur épisode.

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