Conseils en mode masculine




Le masque de protection va-t-il de venir le nouvel accessoire indispensable ?

Si il y a quelques semaines encore, son utilisation n’était pas jugée nécessaire (certains même osaient se moquer de ceux qui l’avaient déjà adopté en mars) force est de constater qu’il est désormais devenu un objet indispensable de notre quotidien. Non, je ne parle pas de l’appli Zoom mais bel et bien du masque de protection. Produit utilisé à l’origine par le personnel de santé et certains métiers à risque, il est désormais omniprésent dans notre vie de tous les jours. Si cette intrusion est évidemment liée à la pandémie mondiale actuelle, y-a-t-il une chance pour que cette utilisation du masque de protection devienne une habitude ? Mieux encore, va-t-il intégrer les collections des marques comme un accessoire à part entière ? C’est ce à quoi on a voulu répondre aujourd’hui :

masque maison elastique

1. Ça marche comment un masque de protection ?

Le masque FFP (pour filtering facepiece particles, ou « pièce faciale filtrante » en français) est un type de masque filtrant respiratoire. Son objectif principal est de protéger son porteur contre les particules ainsi que diverses maladies transmissibles dans l’air. Ainsi, il peut être utilisé par le corps médical mais également dans tous métiers exposés à des particules fines (sciures de bois, ponçage, désamiantage, etc.). Ces masques sont classés en trois catégories :

Masques FFP1
Masques FFP2
Masques FFP3

  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 80% au minimum

  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 22% au maximum

  • Masque antipoussière

  • Élastique jaune


  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 94% au minimum

  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 8% au maximum

  • Protection efficace contre les virus et la plupart des particules

  • Élastique blanc ou bleu


  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 99% au minimum

  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 2% au maximum

  • Le plus filtrant. Protège des très fines particules d'amiante ou de silice

  • Élastique rouge

Mais concrètement, comment ces masques fonctionnent-ils ? Pour bien le comprendre, le mieux est de les décomposer. Pour faire simple, ces derniers sont composés de plusieurs couches. Dans la quasi-totalité des cas, ces couches sont réalisées à partir de polypropylène, une matière plastique. Celle-ci est fortement recommandée pour ses propriétés remarquables telles que :

  • Son inertie aux attaques chimiques
  • Sa capacité de résistance
  • Son adaptation à de fortes chaleurs

Hydrophobe et semi-rigide, elle possède également des propriétés similaires à la cire. Imaginons qu’une particule vienne percuter un tissu en polypropylène, cette dernière s’arrêtera quasi instantanément et y restera fixée durablement dans ses fibres. En fonction de l’utilisation, un masque type FFP aura une durée de protection comprise entre trois et huit heures. Au-delà, il devient quasiment inefficace !

Au début du confinement, et même quelques jours, lorsque l’on s’est aperçu que l’on manquait cruellement de masques, certaines marques de prêt à porter ont, d’initiative, lancé une production spéciale de masques. C’est le cas de Noyoco. Éric, l’un des fondateurs, nous explique :

« Tout est parti d’une envie d’aider ! Lorsque la crise sanitaire du Covid a commencé, nous fermions nos boutiques ainsi que notre coworking. Nous ne savions absolument pas ce qui allait se passer. Et puis on a reçu une demande d’EPHAD dès le 15 mars. Sans le réaliser, nous avions tout ce qu’il fallait pour une production volume, grâce à nos années d’expérience et notre implantation atypique sur le terrain. D’un coté, il y a la production : nous avions mis en place un réseau de petits ateliers avec lesquels nous travaillons en direct pour produire nos collections. De l’autre il y a le sourcing de matière : un circuit de récupération de tissus de seconde main, des fin de séries : l’upcycling. Nous avions tout ce qu’il fallait pour activer la production grande échelle de masques ! »

2. L’Asie et les masques

Cette partie quelque peu théorique faite, passons maintenant à la situation actuelle. Mais avant de traiter directement notre sujet, il me semble important d’aller visiter (virtuellement évidemment) une partie du globe où cette pratique est généralisée depuis plusieurs années : l’Asie. Accoutumée au port du masque forcé à cause de la pollution, la population asiatique l’a depuis longtemps adopté. Et si certains se sont amusés à voir des touristes japonais porter leur masque dans les rues Paris, force est de constater, qu’aujourd’hui, la réalité est tout autre !

Il est important également de souligner une mentalité tout à fait différente de ce que l’on peut observer en Occident. Je pense notamment aux pays du Sud-Est de l’Asie, où l’hygiène est bien plus présente dans le quotidien des populations qu’en Europe. Tout le monde a bien entendu en tête les WC japonais à jets et qui font de la musique (un véritable bonheur à l’usage, croyez-moi) mais cela peut aller bien plus loin. La propreté individuelle, qui peut parfois tourner à l’obsession, est en réalité régit par un point capital : le respect de l’autre et de son intimité. Autrement dit, on parle de proxémie, ou de distance physique et sociale. En France, cette distance sociale, bien que variable en fonction des individus, est relativement courte. En Asie du Sud-Est, celle-ci est nettement plus grande !

Autre point important à mettre en exergue, l’interprétation de l’obligation de porter un masque. Aux États-Unis (mais aussi en France), certains ont considéré cette obligation comme une atteinte à leurs droits fondamentaux, comme une obligation non désirée. A contrario, à Hong-Kong par exemple, le port obligatoire du masque est davantage perçu comme un moyen de se protéger soi-même mais également de protéger les autres. Ce port préventif, mis en place rapidement au tout début de la pandémie, a permis de juguler la transmission du virus, qui n’a touché « que » 1048 personnes dans le pays, pour une population comprenant un peu plus de 7 millions d’habitants. À l’heure actuelle, Hong-Kong ne déplore que 4 morts dûs au Covid-19.

Mask Trump

Voilà voilà voilà…

3. Un accessoire de mode vous dites ?

À l’heure où j’écris ces lignes, le déconfinement est officiel depuis quelques heures. Ce qui fait que nous pouvons à nouveau nous déplacer un peu plus librement. J’en ai alors profité pour me poser une petite heure sur un banc public afin d’observer la foule (car il n’y a pas vraiment d’autre mot) qui passait devant de moi. Et je dois dire que je suis assez surpris de ce que j’ai pu voir : la quasi-totalité des personnes portaient un masque. Je ne m’attendais pas à en voir autant, d’autant plus que j’ai la chance d’habiter dans une région assez faiblement touchée par l’épidémie. Et cela fait chaud au coeur, de se dire que chacun prend ses responsabilités et respecte ce port. Clairement, on est loin des scènes de panique les jours précédents le début de confinement.

Personnellement, je me rappellerais toujours de ce couple croisé au supermarché, complètement paniqué, qui fixait qui que ce soit qu’il croisait d’un regard presque haineux, et qui avait rempli son Caddie uniquement de packs d’eau ! Si cela peut faire sourire, force est de constater que le masque de protection a encore pour certains une connotation négative. En effet, bon nombre l’associent toujours à cette crise sanitaire, mais aussi à cette situation de pénurie et de contrainte. Étonnamment, certains le considèrent même comme quelque chose de néfaste, alors que c’est tout le contraire. Il y a donc fort à parier qu’il faudra du temps pour que le masque se débarrasse de cette image « pandémie / contamination / malade / hôpital » et qu’il devienne un simple accessoire de notre (futur) quotidien.

4. L’avenir du masque dans nos dressings

Plusieurs spécialistes s’accordent à le dire, il est possible que le Covid-19 devienne un virus saisonnier (comme la gripe ou la gastro-entérite) et revienne ainsi régulièrement chaque année. Cette résurgence aura alors pour effet de normaliser le port du masque, voire de le banaliser. Si aujourd’hui, porter le masque peut être une action quelque peu étrange pour nous autres européens, il ne fait aucun doute qu’on l’accepte dans les jours/semaines/mois/années à venir. Et il suffit de voir le nombre de marques qui proposent leur modèle en tissu pour s’en rendre compte. Assurément, le masque de protection vient de se frayer un chemin dans nos vestiaires et il n’est pas près d’y être délogé !

Difficile pour le coup de ne pas voir le masque comme un objet esthétique, voire un support d’expression. À Hong-Kong (décidément), les récentes manifestations ont porté le masque comme véritable signe protestataire (le gouvernement ayant mis en place une loi d’urgence interdisant le port du masque). En France, les créateurs se sont essayés à le personnaliser afin de l’intégrer au mieux dans une tenue. Et si on peut voir d’un mauvais oeil cette appropriation, il s’agit de prendre du recul afin de mieux cerner la chose. Aussi, il convient de rappeler que bon nombre de nos vêtements actuels avaient à l’origine une utilité toute autre : le jean, la veste Coltin, le sweatshirt, etc. Ainsi, il ne fait aucun doute que plus son port se généralisera, plus il va évoluer, se transformer et se styliser pour devenir un véritable accessoire à part entière.

Là encore, Éric nous apporte la vision de Noyoco à ce sujet :

« Au début de cette période, on a vu le masque comme une agent protecteur avant tout. On a voulu créer un masque efficace et réutilisable avant de faire de la mode. On a donc beaucoup travaillé avec les organismes qui s’occupent d’évaluer les masques comme la DGA et l’IFTH. Et aujourd’hui notre masque a été évalué comme filtrant 94,7% des particules de 1 micron donc pour nous la mission principale est accomplie. Bien sûr, une fois cette première étape passée, nous commençons à nous pencher sur la partie « joindre l’agréable à l’utile », si on peut dire ça comme ça. Notre but évidement c’est de diversifier les possibilités, peut être pas de la forme car celle-ci est préconisée par l’IFTH et l’AFNOR pour des raisons de sécurité. Pour le reste en parallèle des très grandes quantités que nous produisons à la demande d’entreprise, on commence à travailler sur des jolis modèles de masques aux couleurs de Noyoco. Tout cela sera annoncé en temps et en heure sur nos réseaux sociaux, et notamment sur notre Instagram. On a déjà mis en place un site pour vous permettre de vous faire livrer des masques chez vous directement : https://masks.noyoco.com. »

5. Où trouver un masque de protection ?

Pour terminer, voici une liste non exhaustive (et destinée à être complétée régulièrement) de marques qui proposent à la vente des masques de protection en tissu. Uni, à motifs et même en denim, il y en a pour tous les goûts !

Blossum Mask
Clément Dollet
Création masque
Dawson denim
Hast
North Hill
Noyoco
Lecuyer
L’Exception
Le Mask français
Le Mont St Michel
Maison Labiche
Minna
Monoprix
Olow (à venir)
Piganiol
Playmobil
R-Pur
Seidensticker

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