Levi’s « Big E »
Jusqu’en 1971, les jeans Levi’s étaient signés à l’arrière d’un « E » majuscule qui est aujourd’hui une manière d’identifier leur origine. Ces jeans avaient une signature différente mais surtout une fabrication différente : la toile était réalisée sur ce qu’on appelle aujourd’hui d’anciens métiers à tisser.

C’est justement dans les années 70 que les américains ont largement mis de côté ces métiers à tisser pour en adopter de plus larges et plus rentables. Les nouveaux permettant de faire plus de toiles avec la même quantité de fil. Donc au final, des jeans moins chers (-Enfin pour eux, pas pour nous hein ;)
Ces anciens métiers ont alors été massivement rachetés par les japonais. Visionnaires ou pas, le fait d’avoir conservé et entretenu amoureusement ces machines, fait qu’aujourd’hui des marques japonaises comme Evisu ou Edwin sont réputées, et que plus largement : le denim japonais est devenu une référence ! Je ferme la parenthèse pour aujourd’hui. On pourrait la re-ouvrir sur un sujet 100% denim japonais (je précise quand même que les italiens aussi en ont racheté)
Levi’s a néanmoins conservé certains métiers à tisser d’époque, qu’ils utilisent justement sur cette gamme de « Big E ». Un « Made in America » qui plait aux puristes. Mais ça ne concerne que les modèles en toile brute, les modèles délavés de cette même collection sont eux réalisés en Turquie (qui a également « hérité » de quelques machines et à présent de quelques années d’expérience dans le denim).

Si vous voulez évaluer cette toile, allez donc vous et votre Levi’s habituel tâter la marchandise : vous comprendrez tout de suite à la densité de la toile que ce n’est pas la même ! Tout comme les finitions, les coutures, les rivets… L’engouement pour ce « jeans à l’ancienne » est tel qu’on trouve malheureusement de faux « Big E » (notamment en provenance de Thaïlande) et qu’eBay a publié une alerte à ce sujet. Vous y trouverez une liste des points permettant d’identifier un original, et voir aussi en quoi il se distingue des collections habituelles. En France, comptez 160€ (pour un vrai bien sûr ;)

























Intéressant, je ne savais pas qu’Edwin utilisait les vieilles machines Levi’s!
Commentaire par Mademoiselle Le K — 30 avril 2009 @ 4:58
Merci pour l’article mais ces jeans m’attirent pas trop :)
Par contre çà serait très intéressant d’avoir un article sur les jean jap que beaucoup de personnes ne connaissent pas trop.
@+
Commentaire par metrosek — 30 avril 2009 @ 22:29
Le 501 version 1947 et le 505 de 1967 ont l’air très bien coupés.
Est-ce qu’ils sont « shrink to fit » comme pas mal de vieux levi’s?
Apparemment il n’y a pas de tailles en dessous de 30, donc a priori c’est mort pour les gens minces :/.
Commentaire par Vedel — 3 mai 2009 @ 16:23
Cette histoire des métiers à tisser semble en fait être un mythe lancé par Yamane, patron d’Evisu. D’après Cone, compagnie qui a historiquement produit le denim utilisé par Levi’s pendant la majeure partie du 20ème siècle, ces vieilles machines ont en fait été simplement remisées… dans les sous-sols de l’entreprise! En tout cas, elles n’ont certainement pas été vendues, et encore moins aux tisseurs japonais. Ces derniers, il me semble, utilisent principalement des machines Toyoda, construites au Japon d’après les modèles US. La technique est donc la même, mais la machinerie non.
Pour plus d’informations sur Cone, on peut se référer à l’excellent site de Paul Trynka, passionné de vieux jeans:
http://www.trynka.net/Site/Cone.html
Commentaire par Indian — 4 mai 2009 @ 4:39
Quand on bosse pour lévi’s europe il y a un trainning vraiment cool sur history brand dans lequel il est dit que les anciens métiers à tisser ont été rachetés par les japonais après la seconde guerre mondiale et que lévi’s les a racheté.
Commentaire par Vincent — 12 juillet 2009 @ 21:07