Mocassins G.H.Bass Weejuns : Test & Avis

Certains types de chaussures ont un charme désuet que d’autres n’ont pas. Aujourd’hui, il faut avoir une vision d’esthétisme particulière pour les apprécier à leur juste valeur. Car là ou des personnes y voient beauté et ambiance rétro, d’autres les trouvent trop accoutrées et dépassées. On a envie de dire que c’est comme ça partout, les goûts et couleurs ne se discutent pas, ceci depuis que le monde est monde. Quoi qu’il en soit, impossible de lever aux mocassins leur statut de mythe vivant, d’autant plus s’ils comportent des pampilles et mieux encore, si ce sont des Weejuns. Nous avons donc testé le modèle Larkin à pampilles de cette gamme :

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La Marque

Comme on le disait en introduction, fort de son existence depuis 1876, la G.H.Bass Co fait partie des plus illustres marques de chaussures de l’histoire représentant une sorte de contre-pouvoir face à la renommée des anglais. Tout a commencé dans le Maine avec son créateur éponyme. Polyvalente à ses débuts, la manufacture se spécialise peu à peu dans le mocassin et le propose à toutes les sauces : le Bass Moccasin Cruiser en 1906 est destiné aux bûcherons, la marque obtient un contrat pour fournir les chaussures de l’aviation américaine en 1918 qu’elle honore avec le Bass Aviation Moccasin Style 773 et naît en 1920 le « Woc-o-moc », une sorte de mocassin indien. Alors que son fondateur, Georges Henry, meurt en 1925 ce sont ses deux fils, John R. et Willard S. qui reprennent le flambeau et feront changer l’entreprise familiale de statut aux yeux du grand public.

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Nous sommes alors en 1936 et les premiers Weejuns voient le jour. A la base, c’est une chaussure inspirée d’un modèle que portaient les pêcheurs de saumon en Norvège au 19ème siècle. Pour plus de praticité, elle ne comportait pas de lacets. Conscients de cet héritage et désireux de lui rendre hommage, les frères Bass lui choisissent le nom « Weejuns », sonnant comme le « norvégiens » en anglais ( « Norwegians » ). Pour la petite histoire, la vraie idée serait venue d’un rédacteur du magazine Esquire de Londres qui aurait mandaté l’entreprise pour la création de ce mocassin norvégien. Pas franchement emballée par le concept, la famille Bass ne le savait pas, mais cette chaussure serait un des plus grands succès de cette industrie à travers l’histoire.

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Ainsi, le mocassin G.H.Bass reste intimement lié à la période ayant fait son succès : les années 50 et l’Ivy League. Dans sa forme originale, il comportait sur la languette une bande de cuir cousue formant un losange, restée une caractéristique essentielle du genre. Par ailleurs, on dit qu’à l’époque, certains y logeaient une pièce de monnaie et ce devint un effet de mode à partir duquel le terme « penny loafer » s’imposa, créant ainsi cette appellation devenue générique. Réalisés à la main dans un cuir épais mais confortable, montés en cousu sur des semelles en cuir, les Weejuns étaient alors considérées comme assez formels pour être portés en journée et assez décontractés pour des occasions de détente. Toujours très populaires Outre-Atlantique, moins dans nos contrées, les Weejuns restent reconnus pour leur style à part et leur qualité de fabrication, témoignant du savoir faire de la marque.

Fiche Technique

La gamme Weejuns est extrêmement bien fournie chez G.H Bass. A côté du modèle original, on trouve ainsi de nombreuses déclinaisons en cuir retourné, en cuir lisse et vernies, pour des chaussures aux coupes diverses. Nous avons eu entre nos mains le modèle Larkin Tassel Loafer, un mocassin à pampilles réinterprétant l’original dans un esprit plus moderne. Il est disponible en trois couleurs : marron moyen (cognac), noir et « vin » (un rouge bordeaux profond). Chacun des coloris est réalisé à la main dans les ateliers de la marque au Salvador. Pour ce modèle, G.H.Bass a choisi un cuir de vachette poli et une semelle en cuir cousue. Les finitions et surpiqûres sont dignes des classiques du genre au niveau de la tige et des côtés avec ce lacet de cuir à la manière de chaussures bateaux. La semelle quant à elle se pourvoit d’un talon en gomme anti-dérapant. Enfin, les pampilles, ces deux pompons présents sur la languette, ponctuent le tout en lui donnant ce côté rétro et original. La fiche technique ne donne au final pas vraiment d’informations détaillées sur le cuir utilisé et la manière dont est cousue la semelle, la photo n’en reste pas moins alléchante.

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Test

Ayant choisi ma paire de mocassin dans son coloris « vin », j’étais impatient d’avoir en main cette paire mythique. Ne serait-ce qu’en voyant inscrit le mot « Weejuns » sur la boîte des chaussures, j’en frétillais déjà ! Au déballage, surprise : la marque avait pensé à glisser un chausse-pieds en plastique ; une attention toujours agréable à recevoir. Les chaussures se dévoilent pour la première fois tout en élégance avec leur cuir si particulier. Sa finition polie leur apporte une certaine brillance leur donnant des airs quasiment vernis. Leur couleur bordeaux est alors d’autant plus séduisante. Au passage, ne nous le cachons pas, si l’on opte pour un tel coloris, c’est pour changer des habituels marron et noir. En inspectant le modèle, on voit à quel point le travail est bien réalisé, et ce n’est pas étonnant quand on sait que cette paire est faite à la main.

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Les pampilles attirent l’oeil tout d’abord dans leur cuir similaire à celui de la chaussure, puis vient le reste. Les coutures de la tige au niveau des orteils sont particulièrement soignées, les empiècements du talon sont superbement finis et les passants des lacets ornant le côté de la chaussure sont impeccables. Par ailleurs, si on leur prête une ressemblance avec ceux des chaussures bateaux, ils ont ici pour fonction de relier les deux glands. En s’approchant de près, on constate la qualité du cuir utilisé : il est parfaitement lisse, sans aspérités et dégage une odeur qui ravira les amateurs.

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Les semelles ont été choisies en cuir avec une couverture en gomme au talon. On peut admirer ici le travail de couture sur ses points apparents. Ils sont particulièrement bien exécutés et laissent présager un ressemelage possible. Par ailleurs, on en retrouve la trace à l’intérieur, rassurant sur la qualité du travail fourni. A cet endroit, on constate également des semelles choisies en cuir, matière réputée comme un très bon régulateur thermique. Le reste n’est pas doublé.

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Essayage

Alors, ça taille comment ?

Pour ce test, j’ai choisi la paire de Weejuns Larkin en 46, soit une taille au-dessus de ma taille habituelle car je me suis fié au guide fourni par la marque et que généralement, mieux vaut toujours prendre sa taille UK habituelle (en l’occurrence 11). Au moment d’essayer mes chaussures, je peux constater à quel point le cuir est rigide et épais ce qui est un excellent signe sur sa qualité. Néanmoins, difficile de les enfiler sans chausse-pieds pour les même raisons, laissant planer un doute sur le confort de cette paire. Il n’en est rien, ces Weejuns me vont correctement et sont confortables dès les premiers pas. J’aime beaucoup la coupe assez fine et élancée de ces mocassins alors que j’en avais franchement une image pataude et vieillotte. C’est tout le contraire en fait. Les pampilles malgré leur charme vintage apportent quelque chose de très contemporain, comme un sorte de démarcation face à une foule de pieds ordinaires.

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Avis

Les Weejuns Larkin de chez G.H.Bass sont proposées au tarif de 165€. Si je ne peux pas m’estimer expert en mocassins, je constate premièrement que ces Penny Loafers sont dans la moyenne des prix du marché et dans un second temps que c’est une vraie belle paire de chaussures. Elle est réalisée dans un beau cuir, sa semelle est cousue et on ne lui trouve aucun défaut de fabrication, ni de style (même si c’est une partie que l’on peut toujours discuter, j’en conviens). D’ailleurs, mes premières journées en les portant n’ont pas créé de plis trop prononcés, symbole de sa qualité. Moderne et vintage à la fois les Weejuns font avant tout se sentir spécial. Ce n’est pas pour rien qu’elles étaient portées par Kennedy et Michael Jackson. Testé & approuvé !

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prix conseillé  
165€

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