Spring Court G1 : la tennis ventilée

Il est une marque de baskets vintage dont nous français pouvons nous vanter (pour une fois…). Initialement créée pour la pratique du tennis, son histoire n’est rien de plus que celle d’une tennis dont l’usage a dévié vers la mode au fil des années, et de l’évolution des moeurs de notre société a-ton envie de dire. Par ailleurs, savez vous que c’est de cette paire que provient l’appellation générique “tennis” ? Ici je nomme la G1, le premier modèle de Spring Court, celui avec lequel la marque s’est lancée. De Nastase à Kasabian en passant par John Lennon et Gainsbourg voici l’histoire de la Spring Court G1 :

Nous sommes en 1870, et un tonnelier nommé Théodore Grimmeisen, alsacien de naissance, décide de partir s’installer à Paris avec sa famille afin d’y ouvrir son usine. C’est dans le quartier de Belleville qu’il trouvera son bonheur. Si au départ Théodore et son fils continuent leur activité de tonneliers, c’est très rapidement que leur activité va commencer à muter, le fils s’intéressant au développement de bouchons en caoutchouc étanches.

1930, le grand-père à désormais pris sa retraite, Georges Grimmeisen (son petit fils donc) qui a gardé plus d’affinités avec le caoutchouc qu’avec la tonnellerie crée une botte en caoutchouc étanche nommée Colibri, une première expérience dans la chaussure qu’il concrétisera six ans plus tard en fondant Spring Court. Désireux de trouver une paire pour pratiquer son sport favori, le tennis sur terre battue, Georges conçoit cette chaussure au concept particulier, celle qu’on appellera la “Tennis”.


La Spring Court (“spring” pour ressort et “court” pour le terrain de tennis) G1 est révolutionnaire pour l’époque : sa tige est en coton et sa semelle collée grâce à un processus de vulcanisation provient de l’hévéa. Elle est souple, étanche, légère et adhérente ce qui la verra de suite prisée par les joueurs de tennis de l’époque.

Sa fabrication est restée la même depuis 1936. Après découpe et couture la tige est jointe à la semelle en caoutchouc dans un moule en aluminium qui va cuire dans un four durant dix-huit minutes à 150 degrés. Sans ajout chimique, ce processus (la vulcanisation) rend le tout flexible et résistant. Les 8 trous disposés de part et d’autre de la semelle assurent la ventilation du pied ainsi qu’une autre semelle intérieure amovible (ils n’arriveront qu’après guerre, en 1946). La G1, lavable en machine est également idéale pour l’hygiène du pied.

La version finale de la chaussure est datée de 1950, juste avant le décès de son créateur, George Grimmeisen qui meurt en 1956 à 56 ans. C’est Théodore, son fils qui reprend l’entreprise familiale. Très tôt ils ont vendu leur produit comme “tout-terrain” : aussi bien fait pour le sport que pour la ville et la détente. Cette communication, ce concept avant-gardiste est probablement une des raisons pourquoi les baskets sont aujourd’hui portées aussi couramment (du moins on se plait à le penser).

Ainsi dès les années 60, la marque est autant prisée par les professionnels du tennis tels qu’Ilie Nastase que par les “idoles” de l’époque : John Lennon portant une paire de G1 sur la pochette d’Abbey Road et même à son mariage, puis Gainsbourg et Jane Birkin. Sans toutefois être versatile, la “tennis ventilée” peut déjà se targuer d’être le symbole d’une vie hybride : aussi performante que stylée, technique et décadente à la fois.

La marque ne survivra pas aux années 1970 face au pouvoir financier de ses concurrents. Près du dépot de bilan, l’usine de Belleville est contrainte à la fermeture et la production est déplacée en Asie. Seulement des années plus tard, le mythe resté intact renaît de ses cendres. Les années 2000 voient le retour de la tennis blanche qui incarne désormais “le chic à la française”. Grâce à une époque en quête d’authenticité, puis également à la société Rautureau Apple shoes à qui la licence d’exploitation est vendue en 1990, la G1 retrouve ses lettres de noblesse. Elle est à nouveau portée par des vedettes de cinéma et autres troubadours modernes : Kasabian, Johnny Deep (je ne continue pas sinon ça va faire trop Voici).

La G1 a servi de base à d’autres modèles de Spring Court : la G2 qui n’est que peu différente (semelle plus basse, tige selon les dires) et la B1 qui est sa version dédiée à la pratique du basketball. De nombreux co-brandings, collaborations artistiques, ont été faites autour de la G1 : Comme des Garçons, Hixsept, Beatles ou encore récemment avec Still Good… comme d’habitude, votre blog mode préféré a ai fait une sélection “best of” des meilleures collab’s. Ps : pour ceux que ça intéresse j’ai une photo de Carla Bruni nue en Spring Court, mais j’ai peur d’avoir des problèmes si je la publie :D

Le saviez vous ?
Théodore Grimmeisen, toujours propriétaire de la marque, a racheté l’ancienne usine Spring Court pour y placer son siège social. Elle fait également office de musée et de boutique. Elle est située au 5 Passage Piver,75011 Paris.

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