Vacances en Roumanie-Ukraine-Turquie

Concours le 27 août 2012 par Romano Garagerocker

La date fatidique de rentrée se rapproche, et vous êtes toujours présents pour nous envoyer vos photos de vacances dans des lieux aussi fascinants qu’inattendus. Cette semaine, le concours “Les Belles Vacances” a pour vainqueurs Quentin et Brice desquels le séjour a duré deux semaines et demi. Attachez vos ceintures, on s’envole pour la Roumanie, l’Ukraine et la Turquie :

Nous sommes partis trois semaines, avec l’idée de rester environ une semaine par pays : la Roumanie, l’Ukraine, la Turquie. Rien n’était planifié avec précision, sauf le bateau de l’Ukraine à la Turquie (que nous n’avons finalement pas pris…).

Nous avons commencé par Bucarest et son anarchie urbaine, où nous déambulions quand nous sommes tombés sur un ancien professeur de français “modeste et obscur”, grand amateur de calembours alambiqués et obsédé par Hamlet, qui en échange de quelques “cercueils liquides” (des bières) déroulait fièrement sa culture française classique et bizarrement lacunaire (un héritage de la censure communiste?), en terrasse d’un bar miteux qu’il nous avait présenté comme le repère de tous les artistes qui comptaient à Bucarest, et qui sont avérés être plutôt du même genre que notre professeur : des déclassés qui venaient là pour picoler tranquilles, et peut-être se rappeler du temps où ils avaient du succès.

La ville a un certain charme : ce mélange de vieilles bâtisses décaties et d’immeubles flambants neufs entièrement vitrés, les rues arborées et les accueillantes terrasses des restaurants. Beaucoup de Roumains ont quelques notions de français, mais les traductions sont parfois fantaisistes, comme dans ces distributeurs de billets qui nous demandaient si nous avions des suspicions concernant l’intégrité de la fente dans laquelle nous introduisions notre carte…

Après un parcours houleux qui nous a vu passer une nuit de veille dans un petit bar à proximité d’un poste-frontière ukrainien, paumés au milieu de nulle-part et forcés d’attendre le jour pour espérer retrouver un bus ou une voiture qui accepte de nous prendre, nous arrivons enfin à notre destination, Odessa. La ville est belle et fascinante, d’une orientale nonchalance, mais nous n’en profitons guère tellement nous sommes crevés par notre voyage.

Nous allons tout de même à Arcadia, cette banlieue d’Odessa qui concurrence Ibiza pour ses fêtes. A la tombée du jour, les clubs ne sont pas encore ouverts, et c’est plutôt une sorte de fête foraine qui nous accueille, le long d’une large promenade jusqu’à la mer. Celle-ci n’est pas propre, et une grande partie de la plage est privatisée par ces célèbres clubs, qui ont chacun un style différent mais en commun d’être particulièrement moches et prétentieux. Un peu plus loin, sur la plage publique, des gens se baignent encore. Ensuite, train de nuit pour la Crimée : décor gentiment obsolète et parfum de voyage à l’ancienne. Nous traversons de somptueux paysages.


L’Ukraine est un pays rugueux qui voit très peu d’étrangers en dehors des grandes villes, et l’ouverture d’esprit de ses habitants n’apparaît pas toujours au premier abord. A Bakhchysarai, une petite ville du centre de la Crimée, dans une région montagneuse, l’atmosphère est très différente, et ce fût pour nous un véritable moment de repos. Cette ville est l’ancienne capitale de la Crimée du temps où celle-ci était Tatare et rattachée à l’Empire Ottoman. Les Tatares sont un peuple turc musulman dont les derniers représentants en Crimée ont été déportés par Staline en Asie Centrale. Depuis 1990, certains d’entre eux sont revenus alors qu’ils n’étaient pas franchement les bienvenus et se sont installés aux abords de leur ancienne capitale où ils tentent, avec un certain succès désormais, de faire vivre et découvrir leur culture. Nous avons été incroyablement bien accueillis, leur cuisine est délicieuse et le coin magnifique.

Après Sébastopol, ville militaire élégante et propre parsemée de monuments commémoratifs en tout genre, qui exhale l’ennui provincial et semble enlisée dans son glorieux passé, destination Yalta. Immense station balnéaire, à la fois bling-bling et populaire, tentaculaire et étouffante, la ville grouille de touristes (quasiment exclusivement Ukrainiens et Russes), et les minuscules plages sont bondées. Comme il se doit, nous visitons le Palais des Tsars où a eu lieu le célèbre partage du monde, puis nous grimpons sur une montagne qui domine la mer et la région. Une dernière bouffée d’air avant de repartir en train de nuit pour Odessa.

Nous voyageons avec deux Ukrainiens, un mec d’une cinquantaine d’année qui a dans son ordinateur portable des centaines de livres (en russe) sur l’histoire de la Crimée qu’il veut nous refiler pour qu’on aie une vision juste de celle-ci, qui me semble être surtout une vision d’extrême droite, et qui nous assomme avec ses photos de vacances. Quant au deuxième, d’une vingtaine d’année, il entreprend de me convaincre de le laisser utiliser mon compte Paypal, à moitié en essayant de me faire gober une histoire sur sa fiancée qui aurait besoin d’une opération chirurgicale, à moitié en sous-entendant que je pourrai y gagner de l’argent au passage. Tout ça après nous avoir dit, en se présentant, qu’il allait à Odessa pour assister à une sorte de congrès sur la piraterie informatique. A ce moment, je suis plutôt soulagé de quitter l’Ukraine.

Finalement, le ferry, c’est poétique mais ça prend vraiment trop de temps. L’avion, c’est quand même super efficace. Nous passons quasiment une semaine à Istanbul, que nous ne lassons pas d’explorer. C’est beau, c’est vivant, il y a des couleurs et des odeurs partout. On se sent redevenir des touristes comme les autres, même si on s’aventure une fois ou deux dans des quartiers plus excentrés, et ce n’est pas désagréable.

Félicitations à tous les deux, vous allez pouvoir vous partager un bon d’achat de 200€ offert par notre partenaire Menlook. Retrouvez plus de photos sur la page Facebook de Comme un Camion.

par Romano Garagerocker

Retrouvez les conseils de Romano Garagerocker sur son site Comme un camion

Mots-clefs :

  • Alexandre

    Il faut tout romancer quand on envoie les photos? Ou c’est que quand on est sélectionné? :)

  • Bastien

    Alexandre : Qu’une fois sélectionné ;)

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